‹ Chronique de 1831 à 1862, Tome 3 (de 4)Chapitre 4 sur 10 · II

II

_Note de M. de Bacourt sur les entretiens du comte d'Artois et du prince de Talleyrand._

(_Mémoires_ du prince de Talleyrand, vol. Ier. Appendice de la première partie.)

Nous voulons ajouter à ce passage[257] quelques détails que M. de Talleyrand avait négligés ou peut-être oubliés. Il est positif qu'à l'époque à laquelle ce passage se rapporte[258], M. de Talleyrand eut avec M. le comte d'Artois plusieurs entrevues, dans lesquelles il chercha à convaincre le Prince de la nécessité de prendre des mesures de force, et, tout en maintenant les concessions que le Roi avait déjà faites, de réprimer avec vigueur les agitations populaires qui se manifestaient chaque jour, et qui avaient déjà ensanglanté les rues de la capitale. La plus importante et la dernière de ces entrevues eut lieu à Marly, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1789, c'est-à-dire quelques heures avant que le Prince quittât la France. Lorsque M. de Talleyrand se présenta chez M. le comte d'Artois, le Prince, qui était déjà couché, le fit néanmoins entrer, et, là dans un entretien de plus de deux heures, M. de Talleyrand exposa de nouveau tous les dangers de la situation, et supplia le Prince de les faire connaître au Roi. M. le comte d'Artois, ému, se leva, se rendit chez le Roi, et après une absence assez prolongée, revint déclarer à M. de Talleyrand qu'il n'y avait rien à faire avec le Roi, qui était résolu à céder plutôt que de faire verser une goutte de sang en résistant aux mouvements populaires. «Quant à moi, ajouta M. le comte d'Artois, mon parti est pris, je pars demain matin et je quitte la France.» M. de Talleyrand conjura vainement le Prince de renoncer à cette résolution, en lui représentant les embarras et les périls qu'elle pourrait avoir pour lui dans le présent, et pour ses droits et ceux de ses enfants dans l'avenir. M. le comte d'Artois persista, et M. de Talleyrand finit par lui dire: «Alors, Monseigneur, il ne reste donc plus à chacun de nous qu'à songer à ses propres intérêts, puisque le Roi et les Princes désertent les leurs, et ceux de la Monarchie.--En effet, répliqua le Prince, c'est ce que je vous conseille de faire. Quoi qu'il arrive, je ne pourrai vous blâmer, et comptez toujours sur mon amitié.» M. le comte d'Artois émigra le lendemain.

[257] Allusions aux pages 123 et 124 de ce premier volume des _Mémoires_ du prince DE TALLEYRAND, dans lequel il touchait, sans s'y arrêter, à ses entrevues avec M. le comte d'Artois.

[258] Juin 1789, après la fameuse séance du 17, où le Tiers-État s'était proclamé Assemblée nationale. M. de Talleyrand était alors membre de la députation de l'ordre du clergé.

Au mois d'avril 1814, M. de Talleyrand, devenu Président du gouvernement provisoire, se trouva dans le cas d'annoncer à M. le comte d'Artois, qui était alors à Nancy, attendant les événements, que Louis XVIII était appelé au trône, et que le Prince était invité à se rendre à Paris, pour y prendre le gouvernement en qualité de Lieutenant général du royaume. Il chargea M. le baron de Vitrolles de cette mission, et au moment du départ de celui-ci, pendant qu'on cachetait la dépêche pour le Prince, il lui fit, en se promenant dans l'entresol de son hôtel de la rue Saint-Florentin, le récit de l'entrevue du 16 juillet 1789, puis il lui dit: «Faites-moi le plaisir de demander à M. le comte d'Artois s'il se rappelle ce petit incident.»

M. de Vitrolles, après s'être acquitté de son important message, ne manqua pas de poser au Prince la question de M. de Talleyrand, à quoi le comte d'Artois répondit: «Je me rappelle parfaitement cette circonstance, et le récit de M. de Talleyrand est de tout point exact.»

Averti que M. de Vitrolles avait raconté cette anecdote à plusieurs personnes, nous crûmes devoir faire appel à sa mémoire et à sa loyauté. Pour justifier cette expression de loyauté il faut dire que M. de Vitrolles, à la suite de la révolution de juillet 1830, avait cessé toute relation avec M. de Talleyrand, et s'exprimait très sévèrement sur son compte. C'est ce qui explique le ton d'hostilité et d'aigreur qui perce au travers de la lettre de M. de Vitrolles que nous allons insérer ici. Nous pensons que, pour le lecteur comme pour nous, cette hostilité ne fera que confirmer davantage la sincérité de M. de Vitrolles dans sa déclaration, et l'authenticité du passage des _Mémoires_ de M. de Talleyrand. Les légères divergences qu'on remarquera entre le récit qui nous a été fait par M. de Talleyrand et celui de la lettre de M. de Vitrolles, s'expliquent naturellement par l'effet du temps qui s'était écoulé, et qui a pu modifier les souvenirs des deux narrateurs. Le fait qui reste acquis, c'est que M. de Talleyrand, au mois de juillet 1789, croyait qu'on pourrait arrêter la marche révolutionnaire des événements, qu'il a eu le mérite de le dire, et le courage de proposer de s'en charger. Il n'est peut-être pas le seul qui s'en soit vanté plus tard; nous pensons avoir constaté que lui, au moins, ne s'en vantait pas à tort.

Voici la lettre de M. de Vitrolles:

«_Monsieur le baron de Vitrolles à M. de Bacourt._

«Paris, 6 avril 1852.

«Monsieur, vous avez attaché quelque prix au témoignage que je pourrais rendre sur une circonstance particulière de la vie de M. le prince de Talleyrand, je ne crois pas pouvoir mieux satisfaire à vos désirs qu'en transcrivant ici ce que j'en ai écrit, il y a bien des années, dans une relation des événements de 1814.

«Lorsque S. M. l'empereur de Russie et M. le prince de Talleyrand eurent compris que la présence du frère du Roi revêtu des pouvoirs de Lieutenant général du Royaume, devenait nécessaire, et que je partais pour décider Monsieur à se rendre à Paris, j'avais eu plusieurs conférences à ce sujet avec le Président du gouvernement provisoire[259]. Dans un dernier entretien, au moment du départ, nous avions traité les conditions et les formes de la réception de Monseigneur. Après un moment de silence, le prince de Talleyrand reprit avec son sourire caressant et d'un ton qui voulait être léger et presque indifférent:

«Je vous prie de demander à M. le comte d'Artois s'il se rappelle la dernière occasion que j'ai eue de le voir. C'était au mois de juillet 1789. La Cour était à Marly. Avec trois ou quatre de mes amis, frappés comme moi de la rapidité et de la violence du mouvement qui entraînait les esprits, nous résolûmes de faire connaître au Roi Louis XVI la véritable situation des choses, que la Cour et les ministres semblaient ignorer. Nous fîmes demander à Sa Majesté de vouloir bien nous recevoir. Nous désirions, pour le bien de son service comme pour nous, que cette audience fût tenue secrète. La réponse fut que le Roi avait chargé son frère, M. le comte d'Artois, de nous recevoir; le rendez-vous fut donné à Marly dans le pavillon que M. le comte d'Artois occupait seul. Nous y arrivâmes à minuit.»

[259] Prince de Talleyrand.

«M. de Talleyrand me rapporta la date précise du jour, et le nom des amis qui l'accompagnaient. C'était des membres de l'Assemblée nationale, et de cette minorité de la noblesse qui s'était réunie au tiers état; la date et les noms me sont également échappés.

«Lorsque nous fûmes en présence de M. le comte d'Artois, continua M. de Talleyrand, nous lui exposâmes en toute franchise la situation des affaires et de l'État, telle que nous l'envisagions. Nous lui dîmes que l'on se trompait, si l'on croyait que le mouvement imprimé aux esprits pût facilement se calmer. Ce n'est point avec des atermoiements, des ménagements et quelques condescendances, qu'on peut conjurer les dangers qui menacent la France, le Trône et le Roi. C'est par un puissant développement de l'autorité royale, sage et habilement ménagé. Nous en connaissons les voies et les moyens, la position qui nous permet de l'entreprendre et donne les gages d'y réussir, si la confiance du Roi nous y appelait. M. le comte d'Artois nous écoutait très bien, et nous comprenait à merveille, peut-être avec la pensée que nous exagérions le danger de la situation, et notre importance pour y remédier. Mais, comme il nous le dit, il n'avait été chargé par le Roi que de nous entendre, et de lui rapporter ce que nous voulions lui faire connaître; il n'avait aucune réponse à nous donner, et aucun pouvoir d'engager la volonté ou la parole du Roi. Lorsque nous en fûmes là, nous demandâmes à M. le comte d'Artois la permission de lui dire, que si la démarche que nous faisions de conscience et de bonne foi n'était pas appréciée, si elle n'avait aucune suite et n'amenait aucun résultat, Monseigneur ne devait pas s'étonner que, ne pouvant résister au torrent qui menaçait de tout entraîner, nous nous jetions dans le courant des choses nouvelles... Demandez, je vous prie, à _Monsieur_, répéta M. de Talleyrand, si cet entretien nocturne est resté dans sa mémoire. C'était bien près du moment où il quittait la France.»

«J'admirai la subtilité de cet esprit, qui trouvait dans un de ses souvenirs une explication, une excuse et presque une justification de toute sa vie révolutionnaire; il en aurait trouvé bien d'autres pour des circonstances différentes et même contraires. En écoutant ce récit, qui tombait avec une sorte d'indifférence et de naïve simplicité, je me permettais de douter que ce qui pouvait rester dans la mémoire de Monsieur fût entièrement conforme aux paroles que je venais d'entendre. Cependant, lorsqu'à Nancy je vins à me rappeler la recommandation de M. de Talleyrand, Monseigneur me dit, sans entrer dans aucun détail, qu'il n'avait point oublié cette circonstance, et que tout ce que je lui rappelais était entièrement conforme à la vérité.

«Je désire, Monsieur, que ce témoignage suffise à ce que vous attendiez de moi. Je vous remercie de m'avoir donné cette occasion de vous offrir l'assurance de ma considération la plus distinguée.

«Le baron DE VITROLLES.»

INDEX BIOGRAPHIQUE

DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS CETTE CHRONIQUE

(Les noms suivis d'un astérisque sont ceux qui ont été déjà donnés, avec plus de détails, dans l'Index biographique du tome I; ceux qui sont suivis de deux astérisques ont été donnés dans le tome II.)

A

ABERDEEN (lord) *, 1784-1860. Diplomate et homme d'État anglais, premier ministre de 1852 à 1855.

ACERENZA (la duchesse D') **, 1783-1876. Troisième fille du dernier duc de Courlande et sœur de la duchesse de Talleyrand.

AFFRE (Denis-Auguste), 1793-1848. Archevêque de Paris depuis 1840, successeur de M. de Quélen. Le 25 juin 1848, voulant arrêter le sang qui coulait depuis quatre jours dans Paris, Mgr Affre se rendit aux barricades du faubourg Saint-Antoine. Il y fut atteint d'une balle et mourut des suites de ses blessures.

AFFRE (Sainte). Elle vivait au temps de Dioclétien; après avoir mené à Augsbourg une vie fort scandaleuse, elle fut touchée par les instructions de saint Narcisse et reçut le baptême. Elle subit le martyre et la mort l'an 304 après J.-C.

AGOULD (la vicomtesse D') *, morte en 1841, à Goritz, en exil, où elle avait suivi Madame la Dauphine, dont elle était Dame d'atour.

ALAVA (Don Ricardo DE) *, 1780-1843. Lieutenant général de l'armée espagnole.

ALBUFÉRA (la duchesse D') **, 1791-1884, née de Saint-Joseph.

AILESBURY (lord), 1773-1856. Charles Bruce, créé en 1821 marquis d'Ailesbury.

AILESBURY (lady). Morte en 1893. Maria, fille de l'honorable Charles Tallemache, seconde femme de lord Ailesbury, qu'elle avait épousé en 1833. Elle était très aimée dans la société de Londres pour son amabilité.

ALDBOROUGH (lady) *. Elle avait épousé en 1804 lord Aldborough.

ALTON-SHÉE DE LIGNÈRES (le comte) **, 1810-1874. Pair de France en 1836.

ALVENSLEBEN (le comte Albert D'), né en 1794; il fut ministre d'État en Prusse pendant de longues années.

AMPÈRE (Jean-Jacques) **, 1800-1864. Littérateur distingué.

ANCELOT (M.), 1794-1856. Auteur de tragédies et de comédies, membre de l'Académie française.

ANDRAL (docteur Gabriel), 1797-1876. Savant médecin français et gendre de M. Royer-Collard.

ANGOULÊME (le duc D') **, 1775-1844. Fils aîné du Roi Charles X.

ANGLETERRE (la Reine Adélaïde D') *, 1792-1849, née princesse de Saxe-Meiningen.

ANHALT-DESSAU (la duchesse D'), 1796-1850. Frédérique de Prusse, fille du prince Louis de Prusse et de la princesse de Mecklembourg-Strélitz (sœur de la Reine Louise), épousa, en 1818, le duc d'Anhalt-Dessau.

APPONYI (le comte Antoine) **, 1782-1852. Diplomate autrichien, ambassadeur à Paris de 1826 à 1848. Il avait épousé une fille du comte Nogarola.

APPONYI (la comtesse), née Benckendorff, nièce de la princesse Lieven.

ARAGO (François-Dominique), 1786-1853. Célèbre astronome, et un des plus grands savants du dix-neuvième siècle, ancien élève de l'École polytechnique et membre de l'Académie des sciences. En 1830, il entra dans la carrière politique; député des Pyrénées, il siégea à l'extrême gauche et fut l'orateur de l'opposition. A la révolution de 1848, il fit partie du Gouvernement provisoire et dirigea les ministères de la Guerre et de la Marine.

ARENBERG (le prince Pierre D') *, 1790-1877.

ARENBERG (la princesse Pierre D') *, 1808-1842, fille du duc et de la duchesse de Périgord.

ARGOUT (le comte D') **, 1782-1858. Homme politique et financier français.

ARNFELD (le baron Gustave-Maurice D'), 1757-1824. Suédois, né en Finlande, il suivit la carrière militaire et eut d'abord un avancement rapide, sous Gustave III qui l'aimait beaucoup, mais tomba en disgrâce auprès du Prince-Régent pendant la minorité de Gustave IV; il dut s'exiler et vécut plusieurs années en Russie. Réintégré ensuite dans son ancienne position, il fut nommé ministre de Suède à Vienne en 1802. Après la cession de la Finlande à la Russie, il entra au service russe et fut fait gouverneur de la Finlande en 1813.

ARNIM-BOITZENBURG (le comte Adolphe D'), 1803-1868. Chambellan et ministre l'État en Prusse. En 1830, il avait épousé la comtesse Caroline de Schulenburg-Wolfsburg.

ARNIM-HEINRICHSDORF (le baron Henri D') **, 1789-1861. Diplomate prussien, ministre à Paris de 1840 à 1848, puis ministre des Affaires étrangères à Berlin en 1848, pour peu de temps.

ASSELINE (Adolphe), 1806-1892. Secrétaire des commandements de Mme la duchesse d'Orléans, il vécut dans la retraite après 1848.

ASTON (sir Arthur-Ingram), né en 1798. Diplomate anglais, il fut nommé secrétaire d'ambassade à Paris en 1833, et ministre à Madrid en 1840.

AUDIN (J.-M.-W.), 1793-1851. Historien et fondateur de la fameuse collection des _Guides Richard_, qui fut pour lui une source de prospérité.

AUERSPERG (la princesse Gabrielle D'), 1793-1863. Née princesse Lobkowitz, elle devint veuve, en 1812, du prince Vincent d'Auersperg.

AUGUSTENBURG (la duchesse D'), 1795-1867. Louise, comtesse de Daneskiold, épousa, en 1820, le duc d'Augustenburg. Elle fut la mère de la Reine Caroline de Danemark, épouse de Christian VIII.

AUMALE (Henri d'Orléans, duc D') **, 1822-1897, quatrième fils de Louis-Philippe; il se distingua par ses talents militaires.

AUMALE (duchesse D'). Caroline, fille du prince de Salerne, épousa le duc d'Aumale en 1844 et mourut en 1869.

AUTRICHE (l'archiduc Jean D'), 1782-1859. Fils de l'Empereur Léopold II et de la princesse Louise de Bourbon (fille de Charles III, roi d'Espagne), il fut élu en 1848 _vicaire de l'Empire_ par l'Assemblée de Francfort, où il joua un rôle assez insignifiant.

AUTRICHE (l'archiduchesse Sophie D') *, 1805-1872. Fille de Maximilien Ier, roi de Bavière, et mère de l'Empereur François-Joseph Ier.

AUTRICHE (l'Empereur François-Joseph Ier D'). Né en 1830. Fils de l'archiduc François-Charles (1802-1878) et de l'archiduchesse Sophie, et neveu de l'Empereur Ferdinand Ier qui abdiqua en 1848 à Olmütz. François-Joseph Ier monta sur le trône après la renonciation de son père, qui eut lieu immédiatement après. Il épousa en 1854 sa cousine la princesse Élisabeth de Bavière, qui mourut en 1898.

AUTRICHE (l'archiduc Max D'), 1832-1867. Second frère de l'Empereur François-Joseph, gouverneur de la Lombardie jusqu'en 1859, il accepta en 1864 la couronne impériale du Mexique où, après les plus funestes désillusions, il fut fusillé par ses sujets qui l'avaient appelé pour les gouverner. Ce malheureux Prince avait épousé, en 1857, la princesse Charlotte, fille du roi des Belges Léopold Ier.

AUTRICHE (l'archiduc Albert D'), 1817-1895. Une des figures militaires les plus en renom sous le règne de l'Empereur François-Joseph Ier. Il épousa en 1844 la princesse Hildegarde de Bavière.

AUTRICHE (l'archiduchesse Élisabeth D'), 1831-1903. Fille du palatin de Hongrie, elle épousa en 1847 Ferdinand-Charles-Victor, archiduc de Modène-Este, dont elle devint veuve en 1849. Elle se remaria en 1854 avec l'archiduc Charles-Ferdinand.

B

BACH (Alexandre, baron), 1813-1870. Homme d'État autrichien, ministre de la Justice en 1848, ministre de l'Intérieur en 1849; nommé plus tard ambassadeur près du Saint-Siège, où il resta jusqu'en 1867.

BADE (la grande-duchesse Stéphanie DE), 1789-1860. Née de Beauharnais*, veuve en 1818 du grand-duc Charles de Bade.

BADE (le grand-duc Léopold DE) **, 1790-1858, succéda en 1830 à son frère Louis.

BADE (la grande-duchesse Sophie DE), 1801-1865. Fille du Roi de Suède Gustave-Adolphe IV, elle épousa en 1819 le prince Léopold de Bade, dont elle devint veuve en 1852.

BADE (la princesse Alexandrine DE), née en 1820; épousa, en 1842, le prince héréditaire de Saxe-Cobourg-Gotha.

BALLANCHE (Pierre-Simon), 1776-1847. Penseur mystique qui, après avoir dirigé un vaste établissement de librairie à Lyon, vint s'établir à Paris où il fut accueilli par des amitiés illustres. Ballanche publia, avec la science d'un érudit, plusieurs œuvres qui l'appelèrent à l'Académie française en 1844.

BALZAC (Honoré DE) **, 1799-1850. Homme de lettres français.

BARANTE (le baron Prosper DE) *. Diplomate et historien français, longtemps ambassadeur à Pétersbourg.

BARBÈS (Armand), 1809-1870. Homme politique français, représentant du peuple en 1848, surnommé _le Bayard de la démocratie_. Emprisonné en 1849, il fut remis en liberté en 1854, mais s'expatria volontairement et mourut en Hollande.

BARING (sir Francis), 1796-1866. Créé, peu de temps avant sa mort, baron Northbrook, il avait été membre du Parlement pour Portsmouth de 1826 à 1865, chancelier de l'Échiquier de 1839 à 1841, et premier lord de l'Amirauté de 1849 à 1852.

BARING (lady Arabella), 1809-1884. Fille du comte d'Effingham, elle avait épousé, en 1841, sir Francis Baring, dont elle était la seconde femme.

BARROT (Odilon) *, 1791-1873. Homme politique français.

BARRY (le docteur Martin), 1802-1855. D'origine écossaise, il avait fait ses études en Angleterre, en France et en Allemagne, et fut reçu docteur en 1831. Il était un grand ami d'Alexandre de Humboldt.

BASSANO (Hugues Maret, duc DE) *, 1763-1839. Occupa de hautes fonctions militaires et politiques sous l'Empire et la Monarchie de Juillet.

BATTHYÁNY (la comtesse), 1798-1840. Née baronne d'Ahrenfeldt, elle épousa en secondes noces, en 1828, le comte Gustave Bathyány-Strathmann.

BAUDRAND (général comte) *, 1774-1848, servit avec distinction sous la République, l'Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet.

BAUFFREMONT (la duchesse DE) *, née en 1771. Née de la Vauguyon, elle épousa en 1787 le duc Alexandre de Bauffremont. Elle fut une amie du prince de Talleyrand.

BAUFFREMONT (la princesse DE) **, 1802-1860. Laurence, fille du duc de Montmorency, avait épousé, en 1819, le prince Théodore de Bauffremont.

BAUSSET (le cardinal DE) **, 1748-1821. Évêque d'Alais et membre de l'Académie française.

BAUTAIN (l'abbé) **, 1796-1867. Ancien élève de l'École normale; il fut nommé vicaire général du diocèse de Paris en 1849.

BAVIÈRE (le Roi Louis Ier DE) **, 1786-1868. Monté sur le trône en 1825, il abdiqua en 1848.

BAVIÈRE (la Reine Thérèse DE) **, 1792-1854. Fille du duc Frédéric de Saxe-Altenburg, elle avait épousé, en 1810, Louis Ier de Bavière.

BAVIÈRE (le Prince Royal DE) **, 1811-1864. Fils de Louis Ier, il lui succéda en 1848, sous le nom de Maximilien II. Il avait épousé, en 1842, la princesse Marie de Prusse.

BAVIÈRE (la princesse Hildegarde DE), 1825-1864. Elle épousa, en 1844, l'archiduc Albert, dont elle eut une fille mariée plus tard avec un duc de Würtemberg.

BEAUFORT (le duc Henry DE), 1792-1848, épousa en premières noces, en 1814, une fille de l'honorable Henry Fitzroy, et, en 1822, Émily-Frances Smith, de la famille des lords Wellesley, par sa mère. Il avait hérité du titre de son père en 1835.

BEAUVALE (lord), 1782-1852. Frédéric Lamb *. Diplomate anglais, frère de lord Melbourne, au titre duquel il succéda en 1848.

BELGES (le Roi des) *, 1790-1863. Léopold Ier, prince de Cobourg-Gotha.

BELGES (la Reine des) **, 1812-1850. Louise, princesse d'Orléans, fille du Roi Louis-Philippe.

BELGIOJOSO (la princesse Christine) **, 1808-1868. Remarquable par sa beauté, son esprit et son étrangeté, elle était connue pour ses idées libérales. Elle publia en 1846 un _Essai sur la formation du dogme catholique_, qui fut très discuté.

BELLUNE (Victor, duc DE), 1766-1841. Maréchal de France.

BELOW (le général DE), 1783-1864. Général prussien qui commandait les forteresses fédérales de 1843 à 1847.

BEM (le général Joseph), 1795-1850. Polonais, il fit ses premières armes dans l'artillerie polonaise en 1812, se couvrit de gloire dans l'insurrection de 1830, lors de la défense de Varsovie en 1831. Défait, il se réfugia en France, pour reparaître en 1848 dans Vienne insurgée et se joindre aux Hongrois révoltés contre l'Autriche. Il embrassa ensuite l'islamisme et prit du service en Turquie.

BENACET (M.), 1773-1848. Fermier général des jeux de Bade, successeur de M. Chabert. Il payait 6 000 florins de fermage par an; son fils, qui lui succéda, en payait 45 000; à la mort de celui-ci, en 1868, ce fut son neveu, M. Dupressoir, qui recueillit cet héritage. Bade leur doit son théâtre, son hôpital et une partie de sa prospérité.

BENNINGSEN (le comte Alexandre DE), né en 1809. Homme d'État allemand, fils du célèbre général russe. Il avait fait ses études en Allemagne, entra à la Chambre des comptes, et devint Directeur général des contributions en Hanovre. En 1848, il était président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, mais il démissionna en 1850.

BÉRIOT (Charles-Auguste DE), 1802-1870. Célèbre violoniste belge, et un des plus remarquables virtuoses de son temps. Il avait épousé Mme Malibran.

BERNARD (Samuel), 1651-1739. Riche financier et célèbre traitant. Il fit un noble usage de son immense fortune, et vint au secours des Rois Louis XIV et Louis XV, auprès desquels il jouissait d'une grande faveur. Chamaillard et Desmaret lui empruntèrent pour l'État des sommes considérables.

BERNSTORFF (le comte Albert DE), 1809-1873. Diplomate prussien, successivement ministre plénipotentiaire à Munich, à Vienne, à Naples, à Londres; ministre des Affaires étrangères de Prusse, et ambassadeur à Londres.

BERRYER (Antoine) *, 1790-1868. Célèbre avocat, et orateur légitimiste, membre de l'Académie française et plusieurs fois député.

BERTIN DE VEAUX (M.) *, 1771-1842. Fondateur du _Journal des Débats_, conseiller l'État et député.

BERTIN DE VEAUX (Auguste), 1799-1879. Officier de cavalerie et attaché comme officier d'ordonnance au duc d'Orléans, il fut député de 1837 à 1842 et ensuite pair de France. Il fut nommé général de brigade en 1852 et grand-officier de la Légion d'honneur en 1867.

BETHMANN-HOLWEG (Maurice-Auguste DE), 1795-1877. Jurisconsulte allemand, ami du légiste Savigny, il fut chargé en 1848 du ministère des Cultes en Prusse, et s'y occupa de l'Instruction publique avec une rare compétence, mais il démissionna en 1852.

BÉTHISY (le marquis DE), 1815-1881. Pair de France jusqu'en 1848; il avait épousé une fille du duc de Rohan-Chabot.

BEUST (le comte Frédéric-Ferdinand DE), 1809-1886. Homme l'État saxon, ministre des Affaires étrangères en Saxe en 1849. Appelé par l'Autriche après la guerre de 1866, il fut élevé à la présidence du Conseil autrichien avec le titre de chancelier de l'Empire. Il réconcilia adroitement l'Autriche avec la Hongrie, et fit couronner l'Empereur François-Joseph, Roi de Hongrie, à Pesth, le 8 juin 1867. En 1871, il fut nommé ambassadeur d'Autriche à Paris, puis à Londres où il mourut.

BIGNON (François), 1789-1868. Négociant nantais, chevalier de la Légion d'honneur, élu député en 1834. Sa capacité en affaires commerciales lui donnait un certain rôle à la Chambre.

BINZER (Mme DE) **, 1801-1891. Épouse d'un littérateur allemand.

BIRON-COURLANDE (le prince Charles DE) **, né en 1811.

BIRON-COURLANDE (la princesse Charles DE), née, en 1810, princesse de Lippe-Biesterfeld; elle avait épousé, en 1833, le prince Biron.

BIRON-COURLANDE (la princesse Fanny DE) **, 1815-1883; sœur de la comtesse de Hohenthal et de Mme de Lazareff. Épousa le général de Boyen.

BIRON-COURLANDE (le prince Calixte DE), 1817-1882. Héritier, en 1848, du majorat et des terres de son frère Charles. Après avoir été pendant quelques années au service militaire prussien, il occupa plus tard une grande charge à la Cour de Prusse. Il épousa, en 1845, la princesse Hélène Mertschersky.

BIRON-COURLANDE (le prince Pierre DE), 1818-1852. Officier de cuirassiers en Prusse.

BLUM (Robert), 1807-1848. Célèbre révolutionnaire allemand. Il se fit d'abord connaître comme rédacteur de différents journaux; en 1848, il fut nommé député au Parlement de Francfort. Un des promoteurs les plus ardents du soulèvement de Vienne, il fut fait prisonnier et fusillé par les troupes gouvernementales victorieuses.

BODELSCHWING (Charles DE), 1800-1873. Ministre d'État prussien qui dirigea à deux reprises le ministère des Finances, de 1851 à 1858, puis de 1862 à 1866.

BOIGNE (la comtesse DE) *, 1780-1866. Née Adèle d'Osmond. Son salon fut un des plus importants de Paris de 1814 à 1859.

BOISMILON (M. DE). D'abord secrétaire particulier du duc d'Orléans, puis précepteur du comte de Paris.

BONALD (le vicomte DE), 1753-1840. Le plus célèbre représentant des doctrines monarchiques et religieuses de la Restauration. Émigré en 1791, Bonald ne revint en France qu'à la proclamation de l'Empire. Député de 1815 à 1822, il fut fait pair de France en 1823, puis membre de l'Académie. Il dévoua sa plume et sa parole au maintien du trône et de l'autel, contribuant ainsi au retour des idées religieuses en France.

BONAPARTE (Lucien) *, 1773-1840. Troisième frère de Napoléon Ier, fait prince de Canino par le pape Pie VII.

BONAPARTE (le prince Louis) **, 1808-1873. Fils de Louis Bonaparte et d'Hortense de Beauharnais. Après une jeunesse aventureuse, il profita des événements de 1848 pour se faire nommer Président de la République et rétablit l'Empire à son profit en 1852, prenant le nom de Napoléon III.

BONIN (le général Édouard DE), 1793-1863. A la tête d'un corps de troupes prussiennes en 1848, il fut chargé d'occuper les duchés de Schleswig et de Holstein, et, plus tard, y organisa une armée nationale. En 1852, il remplaça au ministère de la Guerre de Berlin le général de Stockhausen.

BORDEAUX (le duc DE) *, 1820-1883. Fils du duc de Berry et petit-fils de Charles X. Il porta aussi le titre de comte de Chambord.

BOURQUENAY (le comte DE) *, 1800-1869. Diplomate français, nommé ambassadeur à Constantinople en 1844 et à Vienne en 1859.

BRAGANCE (la duchesse Amélie DE) *, 1812-1873. Fille du duc Eugène de Leuchtenberg, et deuxième femme de Pedro Ier, Empereur du Brésil.

BRANDEBOURG (le comte Frédéric-Guillaume DE), 1792-1850. Né de l'union morganatique du Roi Frédéric-Guillaume II avec la comtesse Dœnhoff, il entra de bonne heure dans l'armée. En 1848, il remplaça M. de Pfuel comme chef du Cabinet prussien, et en novembre 1849 fut envoyé à Varsovie pour négocier avec la Russie, au sujet du conflit survenu entre l'Autriche et la Prusse.

BRANDEBOURG (la comtesse DE). Née Massenbach, elle avait épousé le comte de Brandebourg en 1818. Elle fut pendant quelques années grande maîtresse de la Reine Élisabeth de Prusse.

BRANDHOFEN (Mme DE), née en 1802. Anne Plochel, épouse morganatique en 1827 de l'archiduc Jean d'Autriche. Elle reçut alors le titre de baronne de Brandhofen, changé en 1845 en celui de comtesse de Méran.

BRÉDY (Hugo DE), 1792-1848. Officier d'artillerie autrichien, général-major en 1846, tué, le 6 octobre 1848, dans l'insurrection de Vienne.

BRÉSIL (l'Empereur dom Pedro II du), 1825-1891. Succéda à son père sous la régence, en 1831, et gouverna en personne depuis 1840. Il épousa, en 1843, la princesse Thérèse de Bourbon, fille de François Ier, Roi des Deux-Siciles. Une révolution les chassa du Brésil en 1890.

BRESSON (le comte) *, 1788-1847. Diplomate français.

BRESSON (la comtesse). Née de Comminge-Guitaut, d'une noble famille de Bourgogne.

BRIFAUT (Charles), 1787-1867; poète et littérateur français, membre de l'Académie française, qui chanta avec le même enthousiasme la naissance du Roi de Rome et le retour de Louis