‹ Chronique de 1831 à 1862, Tome 4 (de 4)Chapitre 7 sur 45 · III

III

_Lettre adressée par l'Empereur Napoléon III au Pape Pie IX le 31 décembre 1859._

TRÈS SAINT-PÈRE,

La lettre que Votre Sainteté a bien voulu m'écrire le 2 décembre m'a vivement touché, et je répondrai avec une entière franchise à l'appel fait à ma loyauté.

Une de mes préoccupations, avant comme après la guerre, a été la situation des États de l'Église, et certes, parmi les raisons puissantes qui m'ont engagé à faire si promptement la paix, il faut compter la crainte de voir la révolution prendre tous les jours de plus grandes proportions. Les faits ont une logique inexorable, et, malgré mon dévouement au Saint-Siège, malgré la présence de mes troupes à Rome, je ne pouvais échapper à une certaine solidarité avec les effets du mouvement national, provoqué par la lutte contre l'Autriche.

La paix une fois conclue, je m'empressai d'écrire à Votre Sainteté pour lui soumettre les idées les plus propres, suivant moi, à avancer la pacification des Romagnes, et je crois encore que si, dès cette époque, Votre Sainteté eût consenti à une séparation administrative de ces provinces et à la nomination d'un gouvernement laïque, elles seraient rentrées sous son autorité.

Malheureusement, cela n'a pas eu lieu, et je me suis trouvé impuissant à arrêter l'établissement du nouveau régime. Mes efforts n'ont abouti qu'à empêcher l'insurrection de s'étendre, et la démission de Garibaldi a préservé les Marches d'Ancône d'une invasion certaine.

Aujourd'hui le Congrès va se réunir. Les puissances ne sauraient méconnaître les droits incontestables du Saint-Siège sur les Légations. Néanmoins, il est probable qu'elles seront d'avis de ne pas recourir à la violence pour les soumettre; car si cette soumission était obtenue à l'aide des forces étrangères, il faudrait encore occuper les Légations militairement pendant longtemps. Cette occupation entretiendrait les haines et les rancunes d'une grande portion du peuple italien, comme la jalousie des grandes puissances; ce serait donc perpétuer un état d'irritation, de malaise et de crainte.

Que reste-t-il donc à faire? car enfin, cette incertitude ne peut pas durer longtemps. Après un examen sérieux des difficultés et des dangers que présentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret sincère, et quelque pénible que soit la solution, ce qui me paraîtrait le plus conforme aux intérêts du Saint-Siège, ce serait de faire le sacrifice des provinces révoltées. Si le Saint-Père, pour le repos de l'Europe, renonçait à ces provinces qui, depuis cinquante ans, suscitent tant d'embarras à son gouvernement, et qu'en échange, il demandât aux puissances de lui garantir la possession du reste, je ne doute pas du retour immédiat de l'ordre. Alors, le Saint-Père assurerait, à l'Italie reconnaissante, la paix pendant de longues années, et au Saint-Siège, la possession paisible des États de l'Église.

Votre Sainteté, j'aime à le croire, ne se méprendra pas sur les sentiments qui m'animent; elle comprendra la difficulté de ma situation; elle interprétera avec bienveillance la franchise de mon langage, en se souvenant de tout ce que j'ai fait pour la religion catholique et pour son auguste chef.

J'ai exprimé, sans réserve, toute ma pensée et je l'ai cru indispensable avant le Congrès. Mais je prie Votre Sainteté, quelle que soit sa décision, de croire qu'elle ne changera en rien la ligne de conduite que j'ai toujours tenue à son égard.

En remerciant Votre Sainteté de la bénédiction apostolique qu'elle a envoyée à l'Impératrice, au Prince Impérial et à moi, je lui renouvelle l'assurance de ma profonde vénération.

De Votre Sainteté, votre dévot fils,

NAPOLÉON. Palais des Tuileries, le 31 décembre 1859.

Cette pièce est tirée du _Journal des Débats_ du 12 janvier 1860.

INDEX BIOGRAPHIQUE

DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS CETTE CHRONIQUE

(Les noms suivis d'un astérisque sont ceux qui ont été déjà donnés, avec plus de détails, dans l'index biographique du tome I; ceux qui sont suivis de deux astérisques ont été donnés dans le tome II, et ceux qui sont suivis de trois astérisques sont donnés dans le tome III.)

A

ABERDEEN (lord), 1784-1860 *. Diplomate et homme d'État anglais.

ABZAC (le marquis D'), 1822-1905. Venance d'Abzac, général de brigade en France, fut, durant de longues années, premier aide de camp du maréchal de Mac-Mahon. Le général d'Abzac fut promu officier de la Légion d'honneur en 1859, et commandeur en 1873. Il avait épousé Mlle Dorothée de Lazareff.

ADÉLAÏDE D'ORLÉANS (Madame), 1777-1847. Sœur cadette du Roi Louis-Philippe.

ALBE (le duc D'), 1821-1881. Luis duc d'Albe avait épousé, en 1844, la comtesse de Montijo, sœur aînée de l'Impératrice Eugénie.

ALBUFÉRA (la duchesse D') **, 1791-1884. Née de Saint-Joseph.

ALEXANDRE II (l'Empereur de Russie), **, 1818-1881.

ALLEGRI (Grégoire), 1587-1640. Compositeur de musique sacrée. Allegri doit surtout sa réputation à un _Miserere_ qu'on chante régulièrement le samedi saint dans la chapelle Sixtine, à Rome.

ALWENSLEBEN (le comte Albert D') ***, 1794-1858, ministre d'État en Prusse.

ALWENSLEBEN (le comte Gustave D'), 1803-1881. Entré, en 1821, dans l'armée prussienne, le comte Alwensleben fit, avec le prince de Prusse, la campagne en 1848 contre les insurgés dans le grand-duché de Bade. Lieutenant-général depuis 1863, Alwensleben prit part à la guerre de 1870-1871, et se retira du service en 1872.

ANCELOT (Jacques-Arsène-François-Polycarpe), 1794-1854. Littérateur français, auteur dramatique. Ancelot remplaça M. de Bonald à l'Académie française.

ANDREA DEL SARTO, 1488-1530. Le vrai nom de ce célèbre peintre florentin était Andrea Vannucchi.

ANTONELLI (le cardinal), 1806-1876. Premier ministre du Pape Pie IX. Le Pape Grégoire XVI fit Antonelli prélat et assesseur au tribunal supérieur. Successivement délégué à Orvieto, à Viterbe, à Macerata, Antonelli devint, en 1841, sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur, grand trésorier en 1845, cardinal en 1847; puis ministre des Finances et président de la consulte d'État. En 1848, le cardinal Antonelli fit partie de la commission qui rédigea le statut libéral de mars. Devenu l'un des conseillers les plus influents auprès du Pape Pie IX, le Cardinal conseilla la fuite à ce Pontife, après le meurtre du comte Rossi, en 1848. Lors de la rentrée du Pape Pie IX, à Rome, le cardinal Antonelli fut nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.

APPONYI (le comte Rodolphe), 1812-1876. Diplomate autrichien: attaché très jeune à l'ambassade d'Autriche à Paris, il passa à celle de Saint-Pétersbourg où il épousa, en 1840, la fille du comte Alexandre Benkendorff (nièce de la princesse Lieven). Devenu ministre à Carlsruhe, puis à Turin et à Munich, le comte Apponyi fut nommé ambassadeur à Londres et ensuite à Paris. Il mourut à Venise.

AQUILA (le comte D'), 1824-1897. Louis, prince de Bourbon, fils du second mariage de François Ier, Roi de Naples, et de l'Infante Isabelle d'Espagne, épousa, en 1844, à Rio-Janeiro, une princesse de Bragance, fille de Pierre Ier, Empereur du Brésil. Le comte d'Aquila était grand-amiral brésilien et chevalier de la Toison d'or.

ARENBERG (le prince Pierre D'), 1790-1877.

ARENBERG (Auguste-Marie-Raymond D'), 1753-1832. Prit le titre de comte de la Marck à la mort de son grand-père maternel, et c'est sous ce nom qu'il figure aux États généraux de 1789. Le comte de la Marck s'y déclara d'abord en faveur du Tiers État; mais il se rapprocha bientôt de la Cour, se lia d'amitié avec Mirabeau et devint l'intermédiaire de ses relations avec la Famille Royale. Mirabeau mourut entre ses bras et le nomma son exécuteur testamentaire.

ARJUZON (le comte D'), 1800-1874. Gentilhomme de la chambre du Roi Charles X, le comte d'Arjuzon débuta dans la carrière politique comme conseiller général du canton de Montfort, dans l'Eure. Député au Corps législatif sous le second Empire, il s'associa à tous les actes du règne de Napoléon III, et devint chambellan de l'Empereur, qui le fit officier de la Légion d'honneur en 1861.

ARNIM-HEINRICHSDORFF (le comte Henri D'), 1791-1859. Diplomate et homme d'État prussien.

AUERSWALD (M.-Rodolphe D'), 1795-1886. Homme d'État prussien. Élevé avec le prince Guillaume de Prusse (le futur Empereur d'Allemagne), Auerswald commença par la carrière des armes. Il s'en retira en 1820, pour occuper, en province, plusieurs postes administratifs. Après la révolution de 1848, Auerswald fut chargé de présider le nouveau ministère Hansemann-Kühlwetter-Schreckenstein. Élu ensuite député, il siégea dans les rangs de la droite. En 1858, le Prince-Régent appela Auerswald à faire partie du ministère _de la nouvelle ère_, comme ministre sans portefeuille. Auerswald entreprit alors la réorganisation de l'armée, qui fut cause d'un conflit avec la Chambre prussienne, dura des années et fut la raison de la chute du ministère libéral en 1862. M. de Bismarck le remplaça alors à la tête des affaires.

AUGIER (Émile), 1820-1889. Poète dramatique français, membre de l'Académie, où, en 1858, il remplaça M. de Salvandy, Augier fut nommé sénateur par décret impérial en 1870, pour services rendus par ses productions littéraires.

AUGUSTENBOURG (le duc D'), 1798-1869. Chrétien, duc d'Augustenbourg, habitait en Silésie la terre de Primkenau, dans les environs de Sagan.

AUMALE (le duc D') **, 1822-1893. Henri d'Orléans, quatrième fils du Roi Louis-Philippe.

AUTRICHE (l'archiduc Léopold D'), 1823-1893. Ce prince était fils de l'archiduc Regnier, qui fut vice-Roi du royaume de Lombardie, et de la princesse de Savoie-Carignan, sœur du Roi Charles-Albert de Sardaigne.

AUTRICHE (l'archiduchesse Élisabeth D') ***, 1831-1903. Cette princesse était fille du palatin de Hongrie.

AUTRICHE (l'archiduc Regnier D'), 1783-1853. Vice-Roi du royaume lombardo-vénitien, époux de la princesse Élisabeth de Savoie-Carignan, sœur du Roi Charles-Albert de Sardaigne.

AUTRICHE (l'archiduchesse Marie-Henriette D'), 1836-1902. Cette princesse épousa, en 1853, le duc de Brabant qui, en 1865, monta sur le trône de Belgique, sous le nom de Léopold II.

AUTRICHE (l'impératrice Élisabeth D'), 1837-1898. Duchesse en Bavière, épousa, en 1854, François-Joseph, Empereur d'Autriche. Elle mourut à Genève, assassinée par un anarchiste.

AUTRICHE (l'archiduc Étienne D'), 1817-1867. Étienne-François-Victor, propriétaire de la seigneurie de Halzappel-Schaumbourg; palatin de Hongrie, propre frère de l'archiduchesse Henriette, qui épousa le Roi des Belges.

AUTRICHE (l'archiduchesse Marguerite D'), 1840-1858. Cette princesse, fille du Roi de Saxe, avait épousé, en 1856, l'archiduc Charles-Louis, frère de l'Empereur François-Joseph Ier.

AUTRICHE (l'archiduc Maximilien D'), 1832-1867. Second frère de l'Empereur François-Joseph Ier, servit d'abord comme vice-amiral dans la marine autrichienne et fut quelque temps gouverneur du royaume lombardo-vénitien. A la suite de l'expédition française du Mexique en 1864, Maximilien fut proclamé Empereur, par l'assemblée des notables de ce pays; après avoir tenté en vain d'y organiser un gouvernement monarchique régulier, et abandonné par Napoléon III, il fut pris à Queretaro et fusillé en 1867.

AVENAS (Mme Aimée D'). Religieuse du Sacré-Cœur. Mme d'Avenas était d'une famille originaire de Lyon. Elle avait dirigé les études des pensionnats confiés aux soins spéciaux des dames de l'ordre du Sacré-Cœur, et avait été chargée, par ses supérieures, de fonder la maison d'Orléans. Quand la maladie vint l'atteindre, Mme d'Avenas fut envoyée à Bruxelles où elle mourut, vers l'année 1865, dans une maison de son ordre.

AVIGDOR (Jules). Député de Nice où il possédait de belles maisons, M. Avigdor avait fondé à Turin le journal _la Voix de l'Italie_. Il eut un duel avec M. de Cavour à propos d'un article sur la question des impôts, où M. Avigdor attaquait le _Risorgimento_, dans des termes qui mettaient en doute l'honneur et la délicatesse de son rédacteur, le comte de Cavour.

AYEN (le duc D'), 1826-1895. Jules, duc d'Ayen, prit le titre de duc de Noailles, en 1887, à la mort de son père. En 1851 il avait épousé Mlle de Champlâtreux, petite-fille de M. Molé.

AYEN (la duchesse D'), née en 1831. Clotilde de La Ferté-Meun-Molé de Champlâtreux, mariée au duc d'Ayen, en 1851, qui devint duc de Noailles, en 1887, à la mort de son père.

B

BADE (la grande-duchesse Stéphanie DE) **, 1789-1860. Née de Beauharnais.

BADE (la grande-duchesse Louise DE), née en 1838. Fille de l'Empereur Guillaume Ier et de l'Impératrice Augusta. Cette princesse, aussi charmante que distinguée, épousa, en 1856, le grand-duc de Bade.

BALBI-SENAREGA (le marquis James DE), né en 1800. Mort en 1878.

BALBI (la marquise DE), née en 1800. Morte en 1862. Épouse du marquis James de Balbi-Senarega.

BALLANCHE (Pierre-Simon) ***, 1776-1847. Membre de l'Académie française.

BAOUR-LORMIAN (Pierre-Marie-François-Louis), 1770-1854. Poète et auteur dramatique français. Il entra à l'Académie en 1815, pour y remplacer le chevalier de Boufflers.

BARANTE (le baron DE) *, 1782-1866. Diplomate et historien français.

BAROCHE (M.), 1802-1870. Baroche fit toute sa carrière au barreau; en 1850, il fut nommé ministre de l'Intérieur, après le coup d'État, et en juin 1863, ministre de la Justice. En 1864, M. Baroche fut nommé sénateur.

BARROT (Odilon) *, 1791-1873. Homme politique français.

BAUFFREMONT (la princesse Laurence DE) **, 1802-1862, née Montmorency.

BAVIÈRE (le duc Maximilien en), 1808-1888. Père de l'Impératrice d'Autriche, de la Reine de Naples, de la duchesse d'Alençon, et de plusieurs autres enfants.

BAVIÈRE (la duchesse en), 1808-1892. Née princesse de Bavière. Elle épousa, en 1828, le duc Maximilien en Bavière.

BÉARN (le prince DE), 1802-1871. Louis-Hector de Galard, comte de Brassac, comte et prince de Béarn, était fils de Pauline de Tourzel, celle qui avait partagé la captivité de Louis XVI et de la Famille Royale au Temple. Officier d'état-major, le prince de Béarn fut chargé de suivre, à la suite de l'armée russe, les opérations de la guerre contre les Turcs, en 1828. De retour en France, il entra dans la diplomatie où il occupa les différents postes et fut fait sénateur en 1854.

BEAUCHESNE (M. DE). 1804-1873. Ancien gentilhomme de la chambre du Roi, sous la Restauration, fut nommé, en 1825, chef au cabinet des Beaux-Arts et, en 1830, devint chef de section aux Archives. Son principal ouvrage a pour sujet: _Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort_, ouvrage couronné par l'Académie.

BEAUVAU-CRAON (la princesse DE), 1824-1862, Marie d'Aubusson de la Feuillade épousa, en 1840, le prince de Beauvau-Craon.

BECKX (Pierre-Jean), 1795-1891. Général des Jésuites. Originaire de Belgique, Beckx entra dans l'ordre des Jésuites dont il fut nommé général en 1853. Son habileté et sa fermeté contribuèrent puissamment aux succès obtenus par les Jésuites dans les divers pays de l'Europe. Lors de la suppression à Rome des couvents de son ordre, le Père Beckx se retira à _Fiesole_ d'où il ne cessa d'inspirer le journal la _Civita Catolica_.

BEDEAU (le général), 1804-1863. Le général se distingua dans toutes les guerres d'Afrique et fut exilé lors du coup d'État du 2 décembre.

BEDMAR (le marquis DE), 1821-1883. Député aux Cortès, plus tard sénateur et conseiller d'État en Espagne, le marquis de Bedmar fut nommé, par le Roi Alphonse XII, ambassadeur à Saint-Pétersbourg. En 1853, il fut témoin de la fille du comte de Montijo, lorsqu'elle épousa Napoléon III et devint l'Impératrice Eugénie.

BELGES (le Roi Léopold des) *. 1790-1865. Léopold Ier, prince de Cobourg.

BELGES (la Reine Louise des) *, 1812-1850, née princesse d'Orléans, première femme de Léopold Ier.

BELGIOJOSO (la princesse DE) *, 1808-1868. Née Christine Trivulzio.

BELMONT (le marquis DE), 1804-1857. Chambellan de l'Empereur Napoléon III et chevalier de la Légion d'honneur, M. de Belmont fut nommé député au Corps législatif comme candidat officiel et donna son approbation à tous les actes du gouvernement impérial.

BELLINI (Jean), mort vers 1516. Peintre vénitien.

BENEDEK (L. DE), 1804-1878. Général autrichien. Il se distingua dans la campagne de 1848 contre le Piémont, sous les ordres de Radetsky, et dans la guerre de Hongrie en 1849; mais il fut battu par l'armée prussienne en 1866.

BENKENDORFF (le comte Constantin DE), 1817-1858. Aide de camp général de l'Empereur de Russie, neveu de la princesse de Lieven, le comte de Benkendorff épousa, en 1848, la princesse Louise de Croy.

BERESFORD (le vicomte DE), 1770-1854. William Carr, général anglais. Après avoir servi en Amérique, aux Indes, en Égypte, en Irlande, il fut appelé en Portugal où il devint généralissime de l'armée portugaise. Beresford battit le général Soult à Albuféra et commanda un corps d'armée sous Wellington. En 1814, il entra à Bordeaux avec le duc d'Angoulême et, bientôt après, fut appelé à la Chambre des lords en récompense de ses services.

BERG (le comte), 1790-1874, général russe, appartenant à une famille livonienne. Le comte Frédéric-Guillaume Berg commença sa carrière militaire par la guerre de 1812; prit part ensuite à toutes les guerres que fit la Russie avec l'étranger, et contribua beaucoup à soumettre l'insurrection de Pologne en 1830. Le comte Berg fut de nouveau envoyé à Varsovie en 1863. Il s'y associa aux sévérités excessives mises en vigueur pour dompter ce malheureux pays dont il prit le commandement général. En 1829, le comte Berg avait épousé en Italie la comtesse Cicogna qui sut, par sa bonté, conquérir toutes les sympathies en Pologne.

BERNSTORFF (le comte Albert DE) ***, 1809-1873. Homme d'État prussien.

BERTIN (Armand), fils de Bertin l'aîné. C'est à lui que revient principalement l'honneur d'avoir fait tenir au journal des _Débats_ le rôle prépondérant qu'il a rempli dans le journalisme français.

BERRY (la duchesse DE) *, 1798-1870. Princesse des Deux-Siciles.

BERRYER (Antoine) *, 1790-1868. Avocat français.

BETHMANN-HOLWEG (Maurice-Auguste DE) ***, 1795-1877. Jurisconsulte allemand.

BILLAULT (M.), 1805-1863. D'abord avocat, puis député et sous-secrétaire d'État en 1840, M. Billault devint président du Corps législatif sous le second Empire; deux fois ministre de l'Intérieur; puis, en 1860, ministre sans portefeuille. Durant cette période, il soutint la politique impériale avec beaucoup de talent.

BIOT (Édouard-Constant), 1803-1850. Fils du célèbre astronome, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1847, Biot fut un des premiers en France à démontrer les avantages des chemins de fer, et s'adonna aux recherches historiques.

BISMARCK-SCHOENHAUSEN (le prince DE), 1815-1898. Ministre de Guillaume Ier, roi de Prusse, et son collaborateur pour la reconstruction de l'Empire d'Allemagne.

BIXIO (Jacques-Alexandre), 1808-1865. Savant et homme politique français, quoique né en Italie à Chiavari. Venu jeune en France, Bixio y fit ses études. En 1831, il fonda, avec M. Buloz, _la Revue des Deux Mondes_. Lors de la révolution italienne, Bixio fut nommé ambassadeur extraordinaire à la cour de Turin. Élu plus tard député, il accepta le portefeuille de l'Agriculture en 1868.

BLUCHER DE WAHLSTADT (le prince DE), 1742-1819. Général des armées prussiennes, dont il prit le commandement en 1813. Blücher entra un des premiers en France en 1814; il décida, en 1815, le gain de la bataille de Waterloo et fut toujours un ennemi implacable des Français.

BOBOLA (le Père André), 1590-1657. Issu d'une des plus anciennes familles de la Pologne, André Bobola se fit prêtre et entra dans la société de Jésus en 1611. Pendant les guerres de la Pologne contre les Suédois et les Russes, Bobola prêcha, avec tant de ferveur, contre le schisme orthodoxe, que les Russes l'appelèrent _voleur d'âmes_. Bobola dut s'enfuir d'une maison de son ordre, dont il était supérieur, à Bobrusk, devant les Cosaques qui le poursuivirent à Pinsk et à Ianow où il fut tué par eux le 16 mai 1657, après le plus affreux martyre.

BOEGER (le docteur), 1813-1875. Auguste Bœger, médecin militaire prussien, soigna le roi Frédéric-Guillaume IV pendant les quatre années que dura la maladie qui finit par l'emporter.

BOIGNE (la comtesse DE) *. 1780-1866. Née Adèle d'Osmond.

BOISGELIN (Marguerite DE), née Mlle Lepelletier de Morfontaine. Elle était la sœur de la comtesse Ernest de Talleyrand. Le fils de Mme de Boisgelin épousa Mlle Duclère, dont le père (Belge) avait été l'homme d'affaires des Rohan d'Autriche. Par sa mère, Mme de Boisgelin était la petite-fille de Lepelletier de Saint-Fargeau.

BONNECHOSE (le cardinal DE), 1800-1883. Mgr de Bonnechose fut nommé archevêque de Rouen en 1858 et reçut le chapeau de cardinal en 1863.

BONALD (le cardinal DE), 1787-1870. Entré dans les ordres en 1811, M. de Bonald fut promu en 1839 à l'archevêché de Lyon et créé cardinal en 1841.

BONAPARTE (Jérôme) *, 1784-1860. Roi de Westphalie.

BONAPARTE (le prince Jérôme-Napoléon), 1822-1891. Fils du Roi de Westphalie et de sa seconde femme la princesse Catherine de Würtemberg. Ce prince épousa lui-même la princesse Clotilde de Savoie, fille du Roi Victor-Emmanuel II, de Sardaigne.

BONIN (Édouard DE) ***, 1793-1863. Général prussien, qui, en 1852, devint ministre de la Guerre.

BOURBON-CHALUS (le comte DE), frère cadet du comte de Bourbon-Busset, commandant du corps des guides de Lamoricière, avec le grade de lieutenant dans l'armée pontificale.

BOURQUENEY (le baron, puis comte DE) *, 1800-1869. Diplomate français, ambassadeur et sénateur.

BOYEN (le général DE), mort en 1886. Hermann de Boyen avait été aide de camp du prince de Prusse durant de longues années et devint plus tard général d'infanterie. En 1850, M. de Boyen épousa la princesse Fanny de Biron-Courlande.

BRABANT (le duc DE), 1835-1909. Fils aîné du Roi des Belges, Léopold Ier, et de la princesse Louise d'Orléans, fille aînée du Roi Louis-Philippe. Ce prince monta sur le trône de Belgique, en 1865, à la mort de son père. Il avait épousé, en 1853, l'archiduchesse Marie-Henriette d'Autriche.

BRABANT (la duchesse DE), 1836-1902. Marie-Henriette, archiduchesse d'Autriche, épousa, en 1853, le duc de Brabant, qui monta sur le trône de Belgique en 1865.

BRASSIER DE SAINT-SIMON (le comte DE), 1798-1872. Diplomate prussien. Le comte Brassier de Saint-Simon occupa le poste de Constantinople jusqu'en 1869, et fut alors transféré à Turin, puis à Florence, lorsque la capitale du royaume d'Italie y fut transportée. Il mourut à son poste.

BREADALBANE (le marquis DE), 1796-1862. John, marquis de Breadalbane fut chargé par la Reine Victoria d'Angleterre, en 1861, de remettre solennellement l'ordre de la Jarretière au Roi de Prusse qui venait de monter sur le trône.

BRIFAUT (Charles) ***, 1787-1867. Poète et littérateur français.

BROGLIE (le duc Victor DE) *, 1785-1870. Ministre en France sous le Roi Louis-Philippe.

BROGLIE (la duchesse DE) *, 1797-1840. Fille de Mme de Staël.

BROGLIE (le prince Albert DE), 1821-1901. Fils aîné du duc Victor de Broglie, le prince Albert devint duc en 1870, à la mort de son père. Écrivain très distingué, il fut élu à l'Académie française dès 1863. Durant la présidence du maréchal de Mac-Mahon, le duc de Broglie fut chef de son cabinet.

BRUNNOW (le baron) ***, 1796-1875. Diplomate russe.

BRYAS (Mme DE), 1790-1866. Marie-Thérèse d'Hunolstein, fille du comte d'Hunolstein, maréchal de camp et député de la Moselle en 1815.

BUDBERG (le baron André DE), 1820-1881. Diplomate russe; fils du général de Budberg qui fut gouverneur de Saint-Pétersbourg. En 1846, le baron André commença sa carrière diplomatique, et devint en 1851 ministre plénipotentiaire à Berlin. En 1862, il fut nommé ambassadeur à Paris. Après avoir donné sa démission en 1868, M. de Budberg rentra à Saint-Pétersbourg où il devint membre du Conseil de l'Empire.

BUOL-SCHAUENSTEIN (le comte DE) **, 1797-1865. Diplomate autrichien.

BULOW (Mme DE), 1802-1889. Fille de Guillaume de Humboldt, elle avait épousé le baron Henri de Bülow, diplomate prussien.

BUNSEN (le chevalier DE) ***, 1791-1860. Diplomate allemand.

BURGHERSH (lord), né en 1824. Ernest Fitzroy-Neville, lord Burghersh, fils aîné de lord Westmorland. Officier dans la garde écossaise.

BYRON (lord) **, 1788-1824. Célèbre poète anglais.