CHAPITRE XXXV.
1340. INCURSIONS DES FRANÇAIS EN HAINAUT, NOTAMMENT AUX ENVIRONS DE VALENCIENNES (§§ 102 à 107).
Jean, duc de Normandie, réunit à Saint-Quentin une puissante armée pour envahir le Hainaut.--Noms des principaux seigneurs qui font partie de l'expédition.--De Saint-Quentin, l'armée du duc de Normandie se dirige en passant par Bohain[20] vers le Cateau-Cambrésis[21] et vient loger près de cette ville en un lieu appelé Montay[22], à l'entrée du Hainaut, sur la Selle[23]. P. 8 et 9, 193 à 195.
[20] Aujourd'hui Bohain-en-Vermandois, Aisne, arr. Saint-Quentin.
[21] Le Cateau, Nord, arr. Cambrai.
[22] Nord, arr. Cambrai, c. le Cateau.
[23] La Selle, affluent de la rive droite de l'Escaut, prend sa source au sud du Cateau dans une vallée appelée Fons-Selle, et se jette dans l'Escaut à Denain.
Gérard de Verchin, sénéchal de Hainaut, se met à la tête de soixante lances, passe à Forest[24] sur la frontière du Hainaut, et va réveiller au milieu de la nuit les Français qui se tiennent à Montay, à une petite lieue de Forest. Deux puissants chevaliers de Normandie, les seigneurs de Bailleul et de Bréauté[25], sont assaillis les premiers: le seigneur de Bailleul est tué et les seigneurs de Bréauté et de Brimeux sont emmenés prisonniers à Valenciennes. P. 9 à 11, 195 à 197.
[24] Nord, arr. Avesnes, c. Landrecies.
[25] Les noms de ces deux chevaliers figurent précisément à la suite l'un de l'autre sur les montres de la bataille de Raoul, comte d'Eu, lieutenant ès frontières de Flandre, du 9 mars au 1er octobre 1340: «Pierre, seign. de Bailleul en Caux, bann., 2 bach., 4 esc.--Guillaume de Briauté bach. et 3 esc.» De Camps, portef. 83, fo 317.
Le lendemain matin, le duc de Normandie, furieux de cette attaque nocturne, donne l'ordre d'entrer en Hainaut et d'y porter partout l'incendie et le ravage. Les Français, divisés en plusieurs corps d'armée et courant dans toutes les directions, dévastent et brûlent Forest, Vertain[26], Vertigneul[27], Escarmain[28], Vendegies-au-Bois[29], Vendegies-sur-Écaillon[30], Bermerain[31], _Calaumes_[32], Salesches[33], Orsinval[34], Villers-en-Cauchie[35], Gommegnies[36], Maresches[37], Villers-Pol[38], Poix[39], Préseau[40], Amfroipret[41], Preux[42], Frasnoy[43], Obies[44], Wargnies-le-Grand[45], Wargnies-le-Petit[46], Saint-Vaast[47] en Bavaisis, Louvignies[48], Mecquignies[49]; ils brûlent les moulins et rompent les écluses du vivier de Quélipont[50]. Tous les villages compris entre les rivières de Selle et de Honneau[51] deviennent la proie des flammes[52]. Les habitants du pays se sont réfugiés, emportant ce qu'ils ont de plus précieux, à Bouchain[53], à Valenciennes, à Bavai, au Quesnoy, à Landrecies[54], à Maubeuge[55] et dans les autres forteresses des environs qui sont tenables. Les Français mettent le feu aux faubourgs du Quesnoy et de Bavai. Le sénéchal de Hainaut, craignant pour son château de Verchin[56], est allé s'y enfermer avec trente lances, laissant Valenciennes sous la garde du seigneur d'Antoing. La nuit d'après cette première journée d'invasion, le duc de Normandie vient camper dans les belles prairies de Haussy[57] et de Saulzoir[58], sur les bords de la rivière de Selle, depuis Haspres[59] jusqu'à Solesmes[60]. P. 11 et 12, 197 à 199.
[26] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.
[27] Aujourd'hui hameau de la comm. de Romeries, Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.
[28] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.
[29] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[30] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.
[31] Ibid.
[32] Calaumes désigne sans doute la Chapelle Callome, dépendance de Bermerain, qui figure encore sur la carte de Cassini.
[33] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[34] Ibid.
[35] Nord, arr. Cambrai, c. Carnières.
[36] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[37] Ibid.
[38] Ibid.
[39] Ibid.
[40] Nord, arr. et c. Valenciennes.
[41] Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.
[42] Aujourd'hui Preux-au-Sart, Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[43] Ibid.
[44] Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.
[45] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[46] Ibid.
[47] Aujourd'hui Saint-Vaast-la-Valleé, Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.
[48] Aujourd'hui Louvignies-lès-Bavai, sur un affluent du Honneau ou Hongneau.
[49] Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.
[50] Aujourd'hui lieu-dit de la comm. du Preux-au-Sart.
[51] Le Honneau ou Hongneau est un petit cours d'eau sorti de la forêt de Mormal, qui se jette dans la Haine, affluent de la rive droite de l'Escaut.
[52] Froissart dit que cette incursion poussée jusque dans le Bavaisis fut faite par l'avant-garde de l'armée du duc de Normandie, et que l'un des chefs de cette avant-garde était Thibaud de Moreuil. Les montres conservées par De Camps confirment sur ce point le témoignage du chroniqueur; mais tandis que Froissart semble mettre la chevauchée dont il s'agit avant l'attaque contre Valenciennes, c'est-à-dire en juin 1340, les montres la placent après cette attaque, puisqu'elles la reportent au mois de juillet. «Gens d'armes qui servirent Thibaut de Moreuil en la chevauchée de Bavai en Hainaut _ou mois de juillet_ 1340: Enguerran, sire de Coucy, bann., 1 bann., 11 bach., 59 esc.; Raoul Flamenc, seigneur de Canny, chev. bann., 2 bach., 19 esc.; Mathieu d'Espineuses bach. 3 esc.» De Camps, portef. 83, fo 346.
[53] Nord, arr. Valenciennes, sur l'Escaut.
[54] Nord, arr. Avesnes, sur la Sambre.
[55] Ibid.
[56] Nord, arr. et c. Valenciennes, sur l'Écaillon.
[57] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes, sur la Selle.
[58] Ibid.
[59] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain, dans une île formée par la Selle.
[60] Nord, arr. Cambrai, sur la Selle.
Valerand, seigneur de Fauquemont (Valkenburg), capitaine de Maubeuge, laisse cette ville sous la garde des seigneurs de Beaurieu et de Montegny, et après avoir chevauché tout un jour en longeant la forêt de Mormal[61], passe à gué la Selle et vient vers minuit réveiller le duc de Normandie et son armée. Du côté des Français, le seigneur de Picquigny[62] est tué, le vicomte des Quesnes[63] et le Borgne de Rivery[64] sont faits prisonniers dans cette alerte. Puis le seigneur de Fauquemont court se réfugier sous Thierry de Valcourt, maréchal de Hainaut, au Quesnoy[65], qui n'était point alors aussi bien fortifié qu'il fut soixante ans plus tard. P. 12, 13, 199, 200, 204.
[61] Au quatorzième siècle, la forêt de Mormal, située sur la rive gauche de la Sambre, s'étendait depuis Landrecies au sud jusque près de Bavai au nord; elle avait pour limite à l'ouest la voie romaine, dite Chaussée Brunehaut, du Cateau à Bavai.
[62] A l'host des frontières de Flandre, du 9 mars 1339 au 1er octobre 1340, dans la bataille des maréchaux de France figurent: «Robert de Pinquigny, chev. bann., 2 chev. bach. et 12 esc.; venu de Fluy lès Pinquigny (Fluy, Somme, arr. Amiens, c. Molliens-Vidame); Regnaut et Jean de Pinquigny et 8 esc.» De Camps, portef. 83. fo 320 vo.
[63] Le personnage désigné ici par le titre de vicomte des Quesnes est Guillaume des Quesnes, vicomte de Poix, qui figure aussi avec son fils Renaud des Quesnes à l'host de Flandre de 1339 à 1340: «Guillaume des Quesnes, vicomte de Pois, chev. bann., 2 bach., 11 esc.; venu de Quesnes (auj. le Quesne, Somme, arr. Amiens, c. Hornoy). De Camps, 83, fo 337 vo.--«Regnaut des Quesnes, bach., 27 esc.» fo 323.
[64] A l'host des frontières de Flandre de 1339 à 1340, parmi les écuyers de la bataille des maréchaux de France, figure: «le Borgne de Rivery, 1 esc.; venu de Rivery près d'Amiens.» De Camps, 83, fo 327.
[65] «Pons Cornillon de la Balme fut fait chevalier _devant le Quesnoy le 7 juin_.» Ibid., fo 334.
Les Français brûlent Felaines,[66] Famars[67], Sepmeries[68], Baudignies[69], Artres[70], _Artriel_[71], Saultain[72], Curgies[73], Estreux[74], Aulnoy[75], Jenlain[76], Beauvoir[77], Rombies[78] et viennent camper sur la rivière d'Uintiel[79] (la Rhonelle), aux alentours de Querenaing[80]. Quarante hommes d'armes hainuyers des garnisons de Condé[81], de Montroeul-sur-Haine[82], de Quiévrain[83] et de Quiévrechain[84] se mettent en embuscade dans les bois de Roisin[85], mais ils n'osent attaquer les coureurs français qui chevauchent au nombre de plus de quatre cents lances. P. 13, 14 et 201.
[66] Aujourd'hui Pont-à-Felaines, lieu-dit de la commune de Famars.
[67] Nord, arr. et c. Valenciennes.
[68] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[69] Ibid.
[70] Nord, arr. et c. Valenciennes.
[71] _Artriel_ était sans doute une dépendance d'Artre, comme Angriel est une dépendance d'Angre et Sebourquiel une dépendance de Sebourg; mais ce hameau a disparu. Un terrain vague, situé près d'Artre, s'appelle encore aujourd'hui _le Triez_; peut-être conserve-t-il le souvenir de l'Artriel de Froissart (note communiquée par M. Caffiaux).
[72] Nord, arr. et c. Valenciennes.
[73] Ibid.
[74] Ibid.
[75] Ibid.
[76] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.
[77] Aujourd'hui hameau de la commune de Havay, Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Pâturages.
[78] Rombies-et-Marchipont, Nord, arr. et c. Valenciennes.
[79] Uintiel, Untiel, Ontiel, Ointiel est l'ancien nom de la rivière qui s'appelle maintenant la Rhonelle, affluent de la rive droite de l'Escaut, qui se jette dans ce fleuve à Valenciennes.
[80] Nord. arr. et c. Valenciennes, entre la Rhonelle et l'Écaillon.
[81] Nord, arr. Valenciennes, au confluent de l'Escaut et de la Hayne.
[82] Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Boussu.
[83] Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Dour.
[84] Nord, arr. et c. Valenciennes, sur la petite Honnelle.
[85] Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Dour.
Le lendemain, par une belle matinée du mois de mai[86], le duc de Normandie vient camper à Famars sur une colline appelée le Mont de Castres[87]. Quelques-uns de ses gens d'armes descendent du Mont de Castres, mettent le feu à Marly[88] et aux faubourgs de la porte de Cambrai. Grand émoi à Valenciennes; on sonne les cloches et le beffroi à toute volée. La rue de Cambrai se remplit de bourgeois en armes qui veulent marcher contre l'ennemi. Henri d'Antoing, qui garde les clefs de la porte de Cambrai, et Jean de Baissi, prévôt de la ville, s'efforcent de contenir les impatients. P. 202.
[86] Les Français se mirent en marche pour attaquer Valenciennes dans les premiers jours de mai 1340. Par acte daté du 2 mai 1340, Raoul, comte d'Eu, connétable de France, mande aux bourgeois de Valenciennes qu'ils n'aient point à soutenir les Anglais ni leurs alliés contre le roi de France (Orig. parch., Archives du Nord). La principale attaque dirigée contre cette ville dut avoir lieu le 22 mai, jour où il y eut du côté des Français une promotion de chevaliers: «Loys de Tournon fait chevalier nouvel _devant Valenciennes_, le 22 mai.» De Camps, portef. 83, fo 334.
[87] Le Mont de Castres (_mons castrorum_) est le nom de la colline sur laquelle est bâti Famars. Au quatrième siècle, après la ruine de Bavai, les Romains y avaient construit une enceinte fortifiée dont quelques débris subsistent encore.
[88] Nord, arr. et c. Valenciennes.
Une troupe de coureurs français livre un assaut infructueux à la tour carrée de Maing[89], qui était alors à Jean Bernier de Valenciennes et qui fut depuis à Jean de Neuville. Ces coureurs, n'ayant pu traverser l'Escaut à Trith[90] parce que le pont a été coupé par les habitants, passent le fleuve aux Planches à Prouvy[91], mettent le feu aux maisons et aux moulins de Prouvy et de Rouvignies[92], et, après avoir refait le pont[93] de Trith, brûlent _Wercinniel_, Bourlain[94] et Infier[95], d'où les flammèches volent jusqu'à Valenciennes. P. 15, 204 et 205.
[89] Ibid.
[90] Aujourd'hui Trith-Saint-Léger, Nord, arr. et c. Valenciennes.
[91] Ibid.
[92] Ibid.
[93] Le pont jeté en cet endroit sur l'Escaut, pour relier Famars à la rive gauche du fleuve, avait donné son nom à un village aujourd'hui détruit; la tradition faisait remonter aux Romains la construction de ce pont.
[94] On appelle encore _marais de Bourlain_ un lieu-dit de la banlieue de Valenciennes, près de l'Escaut, du côté de la porte de Cambrai.
[95] Le _marais d'Infier_ figure aussi comme lieu-dit sur les relevés du cadastre; mais il est plus rapproché de Trith que Bourlain (Note de M. Caffiaux).
D'autres coureurs, ayant à leur tête trois chevaliers poitevins, Boucicaut[96], Guillaume Blondel[97] et le seigneur de Surgères[98], passent l'Escaut assez près de Valenciennes, au pont qu'on dit à la Tourelle à Goguel, brûlent Heurtebise[99], et s'avancent vers Bellaing[100] et Hérin[101]. Un certain nombre de gens d'armes de Valenciennes[102] sortent de la ville par les deux portes d'Anzin[103], la grande et la petite, et marchent à la rencontre de ces pillards. Un combat s'engage au-dessus d'une église qu'on dit de Saint-Vaast[104]. Déroute des Français. [Gui] de Surgères se sauve du côté du village de Hérin et court se jeter dans les bois d'Aubry[105], d'où, le soir venu, par le pont de Heurtebise et le pont de Trith, il regagne le camp du Mont de Castres. Boucicaut veut résister; il est fait prisonnier et amené à Valenciennes. P. 15, 16, 202 et 203, 205 et 206.
[96] Boucicaut figure sur les montres de l'host de Bouvines dans la bataille du roi parmi les bacheliers: «Pour M. Boucicaut et 3 escuiers; venu de Poitou.» De Camps, 83, fo 404 vo.
[97] Au lieu de Guillaume Blondel, le ms. de Rome mentionne Gui Poteron.
[98] Gui (et non Jacques) de Surgères figure à l'host de Bouvines dans la bataille du roi de Navarre: «Guy de Surgières, bann., 6 bach., 37 esc.» De Camps, 83, fo 335 vo.
[99] Heurtebise est indiqué sur la carte de Cassini comme un écart de Trith-Saint-Léger, près de la chaussée de Bouchain à Valenciennes.
[100] Nord, arr. et c. Valenciennes.
[101] Ibid.
[102] D'après la première et la troisième rédaction, les Valenciennois vainqueurs à Saint-Vaast étaient commandés par Gérard de Verchin, sénéchal de Hainaut.
[103] Anzin est à 2 kil. N. O. de Valenciennes, sur la route de cette ville à Lille.
[104] Aujourd'hui Saint-Vaast-là-Haut, lieu-dit de la banlieue de Valenciennes. Saint-Vaast, Beaurepaire et la Tasnerie étaient trois seigneuries dépendantes de cette ville.
[105] A la place du bois d'Aubry s'élève aujourd'hui le village appelé Petite-Forêt-de-Raismes, érigé en commune en 1801.
Le duc de Normandie, voyant que les habitants de Valenciennes ne sont pas disposés à accepter la bataille et n'espérant pas prendre leur ville d'assaut, se décide à revenir vers Cambrai. Au retour, ses gens d'armes incendient Maing, l'abbaye de Fontenelle[106], Trith, Prouvy, Rouvignies, Douchy[107], Thiant[108], Monchaux[109], et en général tout le pays qui s'étend entre Valenciennes et Cambrai. P. 17, 18, 208 et 209.
[106] Abbaye de femmes de l'ordre de Cîteaux située sur le territoire de la paroisse de Maing, près de l'ancienne route de Valenciennes à Cambrai.
[107] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain sur la Selle.
[108] Nord, arr. et c. Valenciennes.
[109] Ibid., sur l'Écaillon.
Après le départ des Français, les Valenciennois viennent mettre le feu au camp du Mont de Castres; ils y trouvent quelques brigands et Génois qui, plongés dans un sommeil alourdi par l'ivresse, ne sont pas partis avec le gros de l'armée; ils les brûlent tout vivants. P. 19.
Le duc de Normandie met le siége devant le château d'Escaudœuvres[110]. Gérard de Sassegnies, capitaine de ce château pour le comte de Hainaut, le livre par trahison aux assiégeants. Les habitants de Cambrai abattent les remparts d'Escaudœuvres; ils emploient les matériaux provenant de cette démolition à fortifier la porte Robert qui regarde le Hainaut. Gérard de Sassegnies devait expier bientôt sa trahison en subissant à Mons la peine capitale[111]. P. 19, 20, 209 à 211.
[110] Nord, arr. et c. Cambrai, sur l'Escaut, à 3 kil. N. E. de Cambrai.
[111] Le château d'Escaudœuvres fut pris avant le 3 juin 1340. Par une charte datée du 3 juin 1340, le duc de Normandie mande, du château d'Escaudoeuvres, aux bourgeois de Valenciennes, de ne point servir le comte de Hainaut ni son oncle le seigneur de Beaumont, qui s'étaient joints aux Anglais pour nuire au royaume de France (Orig. parch., aux Archives du Nord).
Les garnisons françaises de Douai et de Lille ravagent l'Ostrevant; elles pillent et brûlent Aniche[112], la moitié d'Abscon[113], Escaudain[114], Erre[115], Fenain[116], Denain[117], Montigny[118], Warlaing[119], Masny[120], Auberchicourt[121], Lourches[122], Saulx[123], Roeulx[124], Neuville[125], Lieu-Saint-Amand[126], Bugnicourt[127], Monchecourt[128]. En revanche, les gens d'armes hainuyers en garnison à Bouchain mettent le feu à la moitié d'Abscon qui se tient française et dévastent tous les villages et hameaux jusqu'aux portes de Douai, notamment les villages d'Esquerchin[129] et de Lambres[130].
[112] Nord, arr. et c. Douai.
[113] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain. Une moitié de ce village tenait, comme on le verra plus bas, pour les Hainuyers, l'autre moitié pour les Français.
[114] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.
[115] Nord, arr. Douai, c. Marchiennes.
[116] Ibid.
[117] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.
[118] Nord, arr. et c. Douai.
[119] Hameau de la commune d'Alnes, Nord, arr. Douai, c. Marchiennes.
[120] Nord, arr. et c. Douai. Le nom de cette seigneurie s'écrivait autrefois Mauny; elle appartenait à l'illustre famille de ce nom.
[121] Nord, arr. et c. Douai.
[122] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.
[123] Hameau de la commune de Lourches.
[124] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.
[125] Aujourd'hui Neuville-sur-l'Escaut, Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.
[126] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.
[127] Nord, arr. Douai, c. Arleux.
[128] Ibid.
[129] Nord, arr. et c. Douai.
[130] Ibid.
Escarmouche entre la garnison française de la Malmaison, composée d'Allemands dont Albrecht de Cologne est le chef pour l'évêque de Cambrai[131] et la garnison de Landrecies dont le seigneur de Potelles est capitaine pour le comte de Hainaut. Le seigneur de Potelles est tué par Albrecht de Cologne, mais les compagnons de celui-ci sont mis en déroute, tués ou faits prisonniers par les Hainuyers. P. 21 à 23, 211 et 212.
[131] La forteresse de la Malmaison située dans la commune d'Ors (Nord, arr. Cambrai, c. le Cateau), sur la rive gauche de la Sambre, appartenait en effet aux évêques de Cambrai; mais en 1340 Sohier de Gand en était capitaine et il avait sous ses ordres 20 écuyers pour le roi de France. (De Camps, 83, fo 458 vo.)
Le seigneur de Floyon succède au seigneur de Potelles comme gardien de Landrecies et chevauche souvent contre les garnisons françaises de Bohain, de la Malmaison, du Cateau-Cambrésis[132], de Beauvois[133] et de Serain[134]. Pendant ce temps, le comte de Hainaut, de retour d'Angleterre, s'est rendu en Allemagne auprès de l'empereur Louis de Bavière; et Jean de Hainaut est allé en Brabant et en Flandre implorer le secours du duc de Brabant, de Jacques d'Arteveld et des Flamands. P. 23, 24, 212, 213.
[132] Au Cateau, Jean de Honnecourt était châtelain pour le roi de France. De Camps, 83, fo 458.
[133] Nord, arr. Cambrai, c. Carnières.
[134] Aisne, arr. Saint-Quentin, c. Bohain.