‹ Chroniques de J. Froissart, tome 02/13Chapitre 8 sur 25 · CHAPITRE XL.

CHAPITRE XL.

1340. ARRIVÉE DU ROI DE FRANCE ET DE SON ARMÉE AU PONT DE BOUVINES CONTRE ÉDOUARD III ET SES ALLIÉS[209] (§§ 124 à 126).

[209] Cf. Jean le Bel, chap. XXXVIII, t. I, p. 181 à 186.

Le roi d'Angleterre assiége toujours Tournay avec une armée de plus de cent mille hommes, y compris les Flamands. Les assiégés, menacés de famine, font sortir les plus pauvres habitants de la ville, hommes et femmes. P. 54 et 241.

Philippe de Valois convoque à Arras une grande armée pour marcher au secours des habitants de Tournay.--Noms des principaux princes et seigneurs, tant français qu'étrangers[210], qui se rendent à l'appel du roi de France. P. 55, 241 et 242.

[210] Voici, d'après les montres, la liste des batailles dont se composa l'host de Bouvines du 9 mars au 1er octobre 1340: bataille de Raoul, comte d'Eu, connétable de France;--bataille de Robert Bertran et de Mathieu de Trie, maréchaux de France;--bataille de Louis, comte de Flandre, de Nevers et de Réthel;--bataille d'Eude, duc de Bourgogne, comte d'Artois et comte palatin de Bourgogne, sire de Salins;--bataille du duc de Normandie, lieutenant du roi de France;--bataille du roi de Navarre;--bataille du comte d'Alençon;--bataille de Jean, comte d'Armagnac;--bataille de Gaston, comte de Foix;--bataille d'Amé, comte de Savoie;--bataille d'Adolphe, évêque de Liége;--bataille du roi de France. De Camps, portef. 83, fos 316 à 406.

Arrivée du roi de France[211] et de son armée sur les bords d'une petite rivière (la Marcq)[212], située à peu de distance de Tournay, entre les ponts de Bouvines[213] et de Tressin[214]. P. 56 et 242.

[211] Philippe de Valois convoqua ses gens d'armes à Arras en juillet 1340 (De Camps, 83, fo 296), et les congédia le 27 septembre de la même année (Ibid., fo 346); il était près du prieuré de Saint-André (auj. Saint-André, Nord, arr. et c. Lille) le 30 juillet, date de sa réponse à une provocation qui lui avait été adressée le 26 juillet par Édouard III de Chin-lez-Tournay (auj. hameau de Romegnies-Chin, Belgique, à 6 kil. de Tournay). Voyez Rymer, _Fœdera_, t. II, pars ii, p. 1131 et 1132. Le roi de France paraît avoir passé partie du mois d'août à Douai (Actum et datum _in exercitu nostro prope Duacum_ anno Domini 1340, mense _augusti_. JJ73, p. 48, fo 40). Plusieurs chartes datées du Pont de Bouvines sont du mois de septembre (Actum et datum _in tentoriis nostris prope pontem de Bovinis_, anno Domini 1340, mense _septembris_. JJ73, p. 247, fo 193 vo.)

[212] La Marcq, issue des bois de Phalempin à 15 kil. de Lille, traverse des marais auxquels elle sert de décharge, et, après un cours d'environ 5 myriamètres, se jette dans la Deule à Marquette.

[213] Nord, arr. Lille, c. Cysoing.

[214] Nord, arr. Lille, c. Lannoy.

Rencontre près de Notre-Dame-aux-Bois[215] entre des gens d'armes de la garnison de Bouchain, commandés par trois chevaliers allemands au service du comte de Hainaut et un détachement de la garnison française de Mortagne, qui a pour chef un chevalier bourguignon de la suite du seigneur de Beaujeu, nommé Jean de Frolois[216]. Les Français sont mis en déroute, et Jean de Frolois est fait prisonnier. P. 56 à 58, 242 à 244.

[215] Nord, arr. Valenciennes, c. Bruille-Saint-Amand. _Le Crousage_ du texte est peut-être la Croisette, hameau de Saint-Amand-les-Eaux.

[216] A l'host de Bouvines, dans la bataille d'Eude, duc de Bourgogne figure: «Jean de Froulois, bann., 2 bach., 11 esc.» De Camps, portef. 83, fo 330.

Un jour, un détachement de Hainuyers, dont Guillaume de Baileu est le chef, passe le Pont-à-Tressin[217], et va, sous la conduite de Waflard de la Croix, réveiller les Français. Ce même jour, une troupe de Liégeois venus avec leur évêque servir le roi de France, sous les ordres de Robert de Baileu[218], frère de Guillaume, passe aussi en sens inverse le Pont-à-Tressin, pour aller fourrager dans les belles plaines qui s'étendent entre Tressin et Baisieux[219]. Les Hainuyers de Guillaume de Baileu sont repoussés et mis en fuite. Au moment où ils repassent le pont, ils vont se jeter dans les rangs des Liégeois de Robert de Baileu, qui reviennent de leur excursion, et dont ils prennent la bannière, portée par Jacques de Forvie[220], pour la leur propre, à cause de la ressemblance extrême des armes de Robert et de Guillaume de Baileu. La plupart des Hainuyers sont tués ou faits prisonniers. Guillaume de Baileu se sauve à grand peine. Waflard de la Croix, pris dans cette rencontre et livré au roi de France, fut donné bientôt après, en échange du comte de Salisbury, aux habitants de Lille, qui le firent mettre à mort. P. 58 à 62, 244 à 246.

[217] Pont-à-Tressin est encore aujourd'hui le nom d'un hameau de la commune de Tressin.

[218] «Host de Bouvines en 1340. La bataille Adolf evesque du Liége: le dit evesque, 7 chev. bann., 73 bach., 420 esc.» De Camps, portef. 83, fo 344 vo. Il faut prendre garde de confondre les seigneurs de Baileu (les mss. de Froissart écrivent Bailleul) avec les seigneurs de Baillœul en Hainaut ou de Bailleul en Normandie. La seigneurie de Baileu est aujourd'hui un hameau de la commune de Walcourt, Belgique, prov. Namur, arr. Philippeville. Morialmé, dont Robert de Baileu était seigneur, fait aussi partie du canton de Walcourt.

[219] Nord, arr. Lille, c. Lannoy.

[220] Jacques de Forvie, écuyer, était le second fils de Stockar de Forvie le Vieux; il se maria à Isabeau, fille de Pierre de Surice, bourgeois de Namur. Hemricourt, _Miroir des Nobles_, éd. de Jalheau, p. 143.