CHAPITRE LVIII.
1346, 12 JUILLET-13 AOÛT.--ÉDOUARD III EN NORMANDIE[136] (§§ 254 à 263).
[136] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap, LXX et LXXI, p. 61 à 75.
Édouard III entreprend de passer la mer avec une nombreuse armée pour arrêter les progrès des Français et les forcer à lever le siége d’Aiguillon[137]. Après avoir nommé le comte de Kent[138], son cousin, gardien du royaume en son absence, il s’embarque vers la Saint-Jean[139] à Southampton[140] en compagnie du prince de Galles son fils aîné et de Godefroi de Harcourt. Noms des principaux chevaliers qui font partie de l’expédition. La flotte anglaise fait voile vers Bordeaux et la Gascogne, mais les vents contraires la repoussent sur les côtes d’Angleterre[141]. Godefroi de Harcourt profite adroitement de cette circonstance pour décider le roi d’Angleterre à débarquer en Cotentin.--Préparatifs de défense du roi de France[142].--Descente d’Édouard III à Saint-Vaast-de-la-Hougue[143]. P. 128 à 133, 351 à 360.
[137] Édouard III, dans une lettre du 6 mai 1346 où il demande des prières et actions de grâces pour les succès remportés en Guienne par le comte de Lancastre qui lutte contre des forces écrasantes (magnum et superimmensum exercitum), annonce qu’il va partir à la tête d’une armée pour porter secours à son lieutenant. V. Rymer, _Fœdera_, vol. III, p. 81.
[138] Le 25 juin 1346, Édouard III nomme son fils Lionel régent du royaume pendant son absence. V. Rymer, _ibid._, p. 84.
[139] Édouard III mit à la voile le dimanche 2 juillet. V. Rymer, _ibid._, p. 85.
[140] L’embarquement eut lieu à Portchester où divers actes signalent la présence du roi d’Angleterre à partir du 20 juin 1346 (Rymer, p. 83 à 85). Portchester, village du comté de Southampton, situé sur la côte septentrionale du havre de Portsmouth, à une lieue de cette dernière ville, avait au moyen âge un port très-important aujourd’hui comblé par des atterrissements. Le 2 juillet au soir, Édouard III était à l’île de Wight, et c’est à dater de ce moment que le sceau spécial, en usage en cas d’absence du roi, fut remis à la chancellerie.
[141] La flotte anglaise était revenue à son point de départ le 10 juillet, comme le prouve une charte datée de ce jour et donnée par Édouard III en pleine mer, en vue de l’île de Wight, pendant un arrêt de sa traversée (Rymer, _Fœdera_, vol. III, p. 85). Le lendemain 11 juillet, le roi anglais expédia encore une charte datée du port de Sainte-Hélène, dans l’île de Wight (aujourd’hui St-Helens, à la pointe orientale de l’île), avant de mettre à la voile pour Saint-Vaast-de-la-Hougue où il débarqua le lendemain 12 juillet.
[142] La seconde rédaction est la seule où Froissart nous montre Philippe de Valois opposant dès le début à l’envahisseur des moyens de défense proportionnés à l’attaque (p. 357). D’après les autres rédactions (p. 137 et 138, 367 et 368), ces préparatifs furent faits après coup et quand il était déjà trop tard. On remarquera qu’ici comme en beaucoup d’autres endroits, la seconde rédaction, représentée par le manuscrit d’Amiens, est la plus favorable à la France en général et à Philippe de Valois en particulier. Il est certain que Philippe de Valois fit rassembler, à Harfleur et à Caen, un assez grand nombre de gens d’armes sous les ordres de Raoul, comte d’Eu et de Guines, connétable de France. Le rôle de la retenue de ces gens d’armes, parmi lesquels figure le comte de Flandre, nous a été conservé par une copie de De Camps, portef. 83, fₒₛ 472 à 475, au Dép. des mss. de la Bibl. nat.
[143] Manche, ar. Valognes, c. Quettehou. D’après la seconde rédaction, le débarquement d’Édouard III à Saint-Vaast aurait eu lieu le jour de la Madeleine, c’est-à-dire le 22 juillet (p. 357). Nous voyons par une lettre de Michel de Northburgh, clerc et conseiller d’Edouard III, qui accompagna le roi anglais dans cette expédition, lettre rapportée textuellement par Robert d’Avesbury (_Hist. Ed. III_, p. 123), que ce débarquement se fit le mercredi 12 juillet. D’après la seconde rédaction aussi, Robert Bertran, à la tête de deux mille combattants, aurait essayé de s’opposer à ce débarquement, et il aurait été mis en déroute après un combat acharné où il aurait reçu une blessure et perdu l’un de ses fils (p. 357 et 359); mais il n’y a pas lieu d’ajouter foi à ce prétendu combat dont les deux autres rédactions et surtout Michel de Northburgh ne disent pas un mot. Édouard III trouva à Saint-Vaast onze navires dont huit étaient munis de châteaux devant et derrière; il y fit mettre le feu. Le roi d’Angleterre se tint six jours en cet endroit depuis le mercredi 12 jusqu’au mardi 18 juillet; ce temps fut employé à reposer les troupes, à débarquer les chevaux et à cuire du pain pour l’armée (_Hist. Ed. III_, p. 123 et 124).
Prise, pillage et incendie de Barfleur[144], de Cherbourg[145], de Valognes[146], de Montebourg[147] et de Carentan[148]. P. 133 à 136, 360 à 364.
[144] Pendant que l’armée anglaise campait à Saint-Vaast, une partie de la flotte se rendit le vendredi 14 juillet devant Barfleur. Les habitants avaient pris la fuite; les Anglais mirent le feu aux maisons ainsi qu’à neuf navires munis de châteaux devant et derrière et à deux _crayers_ en bon état qu’on trouva dans le port, sans compter un certain nombre de petits bateaux. Michel de Northburg, qui rapporte ces détails (_Hist. Ed. III_, p. 124), estime que Barfleur est aussi important que Sandwich (port du comté de Kent, situé à quatre lieues N. de Douvres, assez important au moyen âge, mais aujourd’hui obstrué par des alluvions).
[145] D’après Michel de Northburgh (_Ibid._, p. 127), ce fut la flotte anglaise, et non l’armée de terre qui, après la prise de Barfleur, alla brûler la ville et l’abbaye de Cherbourg. Le clerc d’Édouard III dit, comme Froissart (p. 134 et 135), que les Anglais ne parvinrent pas à s’emparer du château de Cherbourg.
[146] C’est le mardi 18 juillet, d’après Michel de Northburgh, qu’Édouard III partit de Saint-Vaast pour aller à Valognes, où il passa la nuit et où il trouva beaucoup de provisions.
[147] Michel de Northburgh ne mentionne pas Montebourg. Jean le Bel, auquel Froissart a emprunté cette indication, paraît s’être trompé, en plaçant Montebourg avant Valognes dans l’itinéraire suivi par Édouard III. Il existait, il est vrai, dès le moyen âge, une route se dirigeant directement de Saint-Vaast sur Montebourg; mais Édouard III, qui s’avançait du nord au sud, dut passer à Valognes avant d’aller à Montebourg.
[148] D’après Michel de Northburgh, Édouard III partit de Valognes le mercredi matin 19 juillet, et, après avoir marché une grande journée, arriva le soir au Pont-d’Ouve (aujourd’hui hameau de la comm. de Saint-Côme-du-Mont, Manche) que les habitants de Carentan avaient détruit pour s’opposer à la marche des Anglais, Édouard III fit reconstruire ce pont pendant la nuit, et entra le lendemain jeudi 20 juillet dans Carentan, qui n’est qu’à une lieue anglaise du Pont-d’Ouve. On y trouva vivres et viandes en abondance, mais le roi d’Angleterre ne put empêcher qu’une grande partie de la ville ne fût brûlée. Michel de Northburgh compare Carentan, pour l’importance, à Leicester (chef-lieu du comté de ce nom, à 32 I. N. N. O. de Londres, dont cinq églises anciennes attestent l’importance, dès le moyen âge).
De Carentan, Édouard III se dirige vers Saint-Lô, mais avant d’y arriver, il fait halte trois jours sur le bord d’une rivière[149]. Prise, pillage et incendie de Saint-Lô, ville trois fois plus peuplée que Coutances, dont les habitants, au nombre de huit ou neuf mille, se livrent surtout à la fabrication des draps. De Saint-Lô, les Anglais se dirigent vers Caen[150]. P. 136 à 140, 364 à 370.
[149] Le roi d’Angleterre partit de Carentan le vendredi 21 juillet d’après Michel de Northburgh (_Ibid._, p. 124 et 125), et fit une halte, mais d’un jour seulement, et non de trois comme le dit Froissart, sur le bord d’une rivière, en un village où se trouve un pont que les habitants de Saint-Lô avaient rompu. Cette rivière est certainement la Vire, puisqu’on voit, par une lettre d’Édouard III à Thomas de Lucy, que le pont dont il s’agit ici est Pont-Hébert (Manche, ar. Saint-Lô, c. Saint-Jean-de-Daye). Le roi d’Angleterre fit rétablir ce pont, traversa la Vire, lui et son armée, le lendemain samedi 22 juillet, et vint camper tout près de Saint-Lô. Les habitants de cette ville avaient commencé à la mettre en état de défense; mais les gens d’armes qu’ils y avaient rassemblés quittèrent la place, à l’approche des Anglais, sans même attendre l’arrivée des ennemis. Ceux-ci entrèrent dans Saint-Lô et y trouvèrent bien mille tonneaux de vin, sans compter une foule d’autres richesses. Michel de Northburgh estime Saint-Lô plus important que Lincoln (chef-lieu du comté de ce nom, à quarante-trois lieues N. de Londres; cette ville était, au moyen âge et avant les guerres civiles, une des plus riches et des plus populeuses de l’Angleterre).
[150] D’après Michel de Northburgh, il fallut trois journées de marche aux Anglais pour aller de Saint-Lô à Caen. Édouard III quitta Saint-Lô le dimanche 23 juillet et passa sa journée dans une abbaye que Michel de Northburgh ne nomme point (Cerisy-l’Abbaye), pendant que ses gens portaient le ravage par tout le pays environnant, à cinq ou six lieues à la ronde. Les lundi et mardi 24 et 25 juillet, le roi anglais poursuivit sa marche et campa chaque soir dans les villages; il arriva devant Caen le mercredi 26 juillet, à trois heures après-midi.
Caen est trois fois plus considérable que Saint-Lô et presque aussi important que Rouen[151]. Deux riches abbayes, Saint-Étienne[152] et la Trinité, sont aux deux extrémités de la ville dont le château[153] est un des plus beaux et des plus forts de toute la Normandie. Robert de Wargnies est capitaine de ce château, et il a sous ses ordres une garnison de trois cents Génois. La ville proprement dite est défendue par les bourgeois renforcés d’un certain nombre de gens d’armes, commandés par le comte d’Eu, connétable de France et le [sire[154]] de Tancarville. Au moment où Édouard III arrive devant Caen, sa flotte[155], qui n’a cessé de suivre tous les mouvements de l’armée de terre en côtoyant le rivage, vient jeter l’ancre à Ouistreham, havre situé à l’embouchure de la rivière d’Orne qui traverse Caen, à deux petites lieues de cette ville. P. 140 et 141, 370 à 372.
[151] «Caame, dit Michel de Northburgh, est la ville plus grosse que nulle ville d’Engleterre horspris Loundres.» (Robert d’Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 126 et 127.)
[152] Quoique cette abbaye fût entourée de murs crénelés et bastilles, les moines l’avaient abandonnée à l’approche des Anglais. (_Ibid._, p. 125 et 126.)
[153] D’après Michel de Northburgh (_Ibid._, p. 125), et les _Grandes Chroniques de France_ (éd. de M. P. Paris, t. V, p. 453), Guillaume Bertran, évêque de Bayeux, frère du maréchal de France Robert Bertran, était au nombre des défenseurs du château de Caen.
[154] Froissart s’est trompé en donnant dès 1346 à Jean, sire de Tancarville, vicomte de Melun, le titre de comte qui ne lui fut conféré par le roi Jean que le 4 février 1352. (Arch. nat., JJ81, p. 85, fº 101.)
[155] Cette flotte, d’après Michel de Northburgh, était composée d’environ deux cents navires qui cinglèrent vers _Rothemasse_ (lisez: _Roche Massé_, aujourd’hui la Roche de Maizy, Calvados, à l’embouchure de la Vire), pendant que l’armée de terre marchait sur Saint-Lô; les gens d’armes qui montaient ces navires faisaient des descentes continuelles sur le rivage, pillant et brûlant le pays à deux ou trois lieues dans l’intérieur. Quand l’armée de terre, maîtresse de Saint-Lô, reprit sa marche sur Caen, la flotte anglaise quitta le mouillage de la Roche de Maizy et mit à la voile pour Ouistreham (Calvados, ar. Caen, c. Douvres), à l’entrée de la baie de Caen. De la Roche de Maizy à Ouistreham, sur une étendue de côtes de vingt-six lieues anglaises, cette flotte captura et brûla soixante onze navires de guerre français avec château devant et derrière, vingt-trois crayers, sans compter une foule de petits bateaux de vingt et un à trente tonneaux de vin (_Hist. Ed. III_, p. 127).
Le comte d’Eu et le [sire] de Tancarville sont d’avis d’évacuer une partie de la ville et de se retirer de l’autre côté de la Rivière[156], pour y attendre l’ennemi; mais l’impatience des bourgeois les force à marcher en avant et à offrir la bataille aux Anglais. L’action est à peine engagée que ces mêmes bourgeois, saisis de panique, se livrent à un sauve-qui-peut général[157]. Le comte d’Eu et le [sire] de Tancarville, impuissants à les retenir au combat, veulent défendre l’entrée du pont qui réunit deux parties de la ville séparées par la Rivière, mais ils sont bientôt obligés de se rendre avec vingt-cinq autres chevaliers à un seigneur anglais nommé Thomas de Holland. Édouard III, irrité de la perte de cinq cents[158] des siens qui viennent d’être tués à l’attaque de la ville, se dispose à mettre tout à feu et à sang pour les venger, lorsque Godefroi de Harcourt, dont il a fait le maréchal de son armée, réussit à l’en empêcher. Les Anglais occupent Caen pendant trois jours. Édouard III achète le comte d’Eu et le [sire] de Tancarville vingt mille nobles à Thomas de Holland, et charge le comte de Huntingdon[159], commandant de la flotte ancrée à Ouistreham, de conduire ces deux seigneurs en Angleterre, ainsi que soixante chevaliers et trois cents riches bourgeois faits aussi prisonniers à la prise de Caen. P. 141 à 147, 372 à 379.
[156] Par cette rivière _qui keurt parmi le ville de Kem, qui porte grosse navire_ (p. 145), Froissart semble entendre le bras de l’Orne, où venait se jeter l’Odon, un peu avant l’intersection des rues Saint-Pierre et Saint-Jean, et qui, entourant d’eau de tous côtés le quartier autrefois appelé pour cette raison _île_ Saint-Jean, le séparait de la _vieille ville_. Ce bras a été comblé depuis le dernier siècle dans sa partie S. E., entre l’ancien pont Millet et l’église Saint-Pierre, mais sa partie N. O., entre le quartier Saint-Jean et le faubourg Saint-Gilles, sert aujourd’hui, comme au temps de Froissart, de port à la ville de Caen. Michel de Northburgh, d’accord sur ce point avec notre chroniqueur, dit que, du côté de l’eau où sont situées les abbayes de Saint-Étienne et de la Trinité, il ne resta de défenseurs que dans le château. D’où l’on peut conclure que la partie évacuée fut la _vieille ville_, dont les habitants cherchèrent un refuge et essayèrent de se retrancher dans l’_île_ Saint-Jean. Le continuateur de Nangis dit, de son côté, que le combat eut lieu au milieu de la ville, à l’entrée du pont et un peu au-dessus, en face de l’église Saint-Pierre. Enfin, d’après la version très-vraisemblable des _Grandes Chroniques de France_, le comte d’Eu et le sire de Tancarville ne sortirent du château qu’au milieu de l’action et pour seconder l’énergique résistance des habitants. Il résulte de tous ces témoignages concordants que le fort du combat eut lieu au passage du bras de l’Orne le plus rapproché du château et à l’assaut de l’ancien pont Saint-Pierre.
[157] Ce que dit Froissart de la lâcheté présomptueuse des bourgeois de Caen en cette circonstance est une erreur grossière empruntée à Jean le Bel (_Chron._, t. II, p. 72 et 73). Nos gens, dit Michel de Northburgh «... avoient _mult affeare_, et les _Fraunceys_ defendèrent le dit pount _fortment_ et eaux portèrent _mult bien_...» (_Hist. Ed. III_, p. 126.) La vérité est que les habitants de Caen, en essayant de défendre contre une puissante armée leur ville, alors complétement ouverte, firent preuve d’un courage intrépide et poussé jusqu’à la témérité. Du côté des Français, cent chevaliers environ et cent vingt ou cent quarante écuyers furent faits prisonniers avec le comte d’Eu et le sire de Tancarville; il y eut également beaucoup de morts, mais on n’en put savoir le chiffre exact, parce que les cadavres gisaient épars par les rues, maisons et jardins, et qu’ils furent dépouillés sur-le-champ de leurs vêtements par la rapacité des vainqueurs.
[158] «Et _nul gentil homme_ mort des noz, rapporte Michel de Northburgh, fors qe un esquier qe fust blescé et morust deux jours après.» Cette dernière phrase n’est point précisément en contradiction avec ce que dit Froissart du dommage éprouvé par l’armée d’Édouard III à la prise de Caen; car, si un seigneur seulement succomba, les pertes en archers et simples gens d’armes purent être relativement assez considérables. N’oublions pas d’ailleurs que la lettre de Michel de Northburgh, clerc d’Édouard III, est un bulletin de victoire rédigé au point de vue de l’effet que l’on voulait produire en Angleterre; or on sait que le silence sur les pertes des vainqueurs, ou du moins l’atténuation de ces pertes, est une habitude constante dans les documents de ce genre.
[159] Le comte de Huntingdon, qui s’était battu à la prise de Caen, ayant été atteint de la fièvre à la suite de ce combat, dut regagner l’Angleterre, où il porta la fameuse convention du 23 mars 1338 entre le roi de France et les seigneurs normands au sujet d’une invasion en Angleterre, dont on avait trouvé le texte dans le sac de Caen. Jean de Strafford, archevêque de Canterbury, donna lecture de cette convention dans le cimetière de l’église Saint-Paul, la veille de l’Assomption, 14 août 1346, devant toute la population de Londres assemblée, pour surexciter le patriotisme des Anglais contre la France. _(Hist. Ed. III_, p. 130 à 136.)
Une fois maître de Caen, Édouard III poursuit sa marche victorieuse[160] dans la direction[161] d’Évreux et de Rouen[162]. Prise, pillage, incendie de Louviers, de Vernon, de Verneuil, de Pont de l’Arche et de tout le pays environnant par les Anglais. P. 148 et 149, 379 à 382.
[160] Bayeux se rendit le jeudi 27 juillet, c’est-à-dire le lendemain de l’arrivée d’Édouard III à Caen. V. _Hist. Ed. III_, p. 127 et 128.
[161] Édouard III passa par Lisieux où il délivra le 3 août à Annibal de Ceccano, cardinal évêque de Frascati, et à Étienne Alberti, cardinal prêtre des Saints Jean et Paul, des lettres de sauvegarde dont le texte a été publié par Rymer (_Fœdera_, vol. III, p. 88). Nous voyons par une lettre du confesseur d’Édouard III, dont Robert d’Avesbury cite un fragment (_Hist. Ed. III_, p. 128 et 129), que ces cardinaux, chargés par le pape de traiter de la paix entre les deux rois, échouèrent complétement dans leur mission.
[162] Philippe de Valois fit rassembler à Rouen des forces imposantes et les chargea de se tenir sur la défensive en gardant la rive droite de la Seine et en détruisant à l’avance tous les ponts sur le passage de l’armée anglaise. Ce plan permit à Édouard III de ravager impunément toute la rive gauche du fleuve. V. _Hist. Ed. III_, p. 129.