LXXI
Voilà tout ce que je savais de cette histoire, et j'ai, à cause de cela, fort hésité à la raconter. J'ajouterai, cependant, quelques mots que le hasard m'a fait entendre dans une des maisons où j'avais autrefois rencontré Clotilde, Tony Vatinel et Robert Dimeux.
A la fin de l'hiver qui suivit la mort d'Arthur de Sommery, dans un salon où on avait donné une matinée musicale, on remarquait beaucoup madame Clotilde de Sommery, que l'on n'avait pas vue dans le monde de l'année. Elle était encore en deuil. «Comme le noir va bien aux blondes! disait un homme.--En effet, répondait un autre, les femmes blondes ne sauraient trop perdre leurs maris.» Robert Dimeux, que l'on n'avait pas vu depuis longtemps, et que l'on trouvait triste et amaigri, s'approcha de madame de Sommery et lui dit: «Madame, le noir vous va à ravir; tout le monde en fait la remarque. Vous devriez ne porter que successivement le deuil des deux hommes que vous avez tués.»
FIN
EMILE COLIN.--IMPRIMERIE DE LAGNY
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