‹ Clovis, Tome 1 (of 2)Chapitre 8 sur 29 · X, 16.]

X, 16.]

[Note 137: _Panegyr. lat._, X, 16.]

Un cri d'indignation retentit dans le pays franc, et plusieurs peuplades jurèrent de tirer vengeance de ces atrocités. Les Chamaves, les Tubantes, les Chérusques, les Bructères se soulevèrent ensemble contre l'oppresseur de leur nation[138]. C'était bien, cette fois, une véritable ligue qui réunissait contre les Romains toutes les forces barbares des Pays-Bas. Il fallait tenir tête à tous ces peuples en même temps qu'aux Alamans, qui eux-mêmes rentraient en campagne sur le haut Rhin. Constantin n'hésita pas un instant. Franchissant de nouveau le Rhin, il apparut comme la foudre au beau milieu de ces nations guerrières qui se préparaient à le surprendre. Elles se dispersèrent épouvantées, mais il les poursuivit jusqu'au fond de leurs marécages, brûlant leurs bourgades et massacrant indifféremment les hommes et les bêtes, jusqu'à ce que les soldats furent rassasiés de carnage. Quand il reparut enfin sur les bords du fleuve, il traînait à sa suite une multitude de captifs réservés aux plus tristes destinées. Les moins malheureux furent envoyés dans les provinces comme colons, d'autres réduits en esclavage; ceux qui étaient trop fiers pour devenir esclaves et trop peu sûrs pour le service militaire défrayèrent les jeux sanglants de l'amphithéâtre, où leur nombre, dit un panégyriste, fatigua la multitude des bêtes féroces[139].

[Note 138: Quid memorem Bructeros? Quid Chamavos? Quid Cheruscos, Vangiones, Alamanos, Tubantes?... Hi omnes singillatim dein pariter armati conspiratione fœderatae societatis exarserant. _Panegyr. lat._,