‹ Condillac: sa vie, sa philosophie, son influenceChapitre 13 sur 14 · III

III

LETTRE INÉDITE DE L'ABBÉ DE MABLY[108]

_A Monsieur de Bonnot_

à Briançon (Dauphiné).

Paris, le 6 janvier 1780.

Je ne puis trop vous dire, Monsieur mon cher cousin, combien je suis reconnaissant de la marque de souvenir ou plutôt d'amitié dont vous m'avez honoré dans ce renouvellement d'année. Les vœux que je fais pour vous et pour Monsieur votre frère sont très sincères et très ardens. Je m'estois flatté de faire encore un voyage en Dauphiné et d'avoir le plaisir de vous embrasser; mais il faut renoncer à cette douce espérance: les années se sont accumulées; un voyage

MABLY.

[108] Autogr...,--Archives de famille.--Cette lettre banale n'a d'autre intérêt que de permettre de constater les relations intimes qui existèrent jusqu'au bout entre les deux frères. me fait peur, et après cinquante-quatre ans de séjour à Paris, il faut le regarder comme mon pays natal. Mon frère est toujours dans ses terres, ne vient que très rarement ici, et n'y passe que peu de jours; je ne lui laisserai point ignorer vos bontés, et je puis vous répondre d'avance qu'il y sera très sensible. Je vous prie, mon cher cousin, de me conserver votre amitié et d'être persuadé que celle que j'ai pour vous durera autant que moi.