‹ Contes cruelsChapitre 9 sur 11 · V - VI

V - VI

RÉVEIL

O toi, dont je reste interdit, J’ai donc le mot de ton abîme! N’importe quel baiser t’anime: Un passant; de l’or; tout est dit.

Tu n’aimes que comme on se venge; Tu mens en cris délicieux; Et tu te plais, riant des cieux, A ces vains jeux de mauvais ange.

En tes baisers nuls et pervers Si j’ai bu vos sucs, jusquiames, Enchanteresse entre les femmes Sois oubliée, en tes hivers!

ADIEU

Un vertige épars sous tes voiles Tenta mon front vers tes bras nus. Adieu, toi par qui je connus L’angoisse des nuits sans étoiles!

Quoi! ton seul nom me fit pâlir! --Aujourd’hui, sans désirs ni craintes, Dans l’ennui vil de tes étreintes Je ne veux plus m’ensevelir.

Je respire le vent des grèves, Je suis heureux loin de ton seuil: Et tes cheveux couleur de deuil Ne font plus d’ombre sur mes rêves.