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Chapitre 52 Le linceul du mort

Par un soir d’hiver, une bonne femme de la Baussaine, dans le canton de Tinténiac, en revenant de ramasser du bois mort, dans une cerclière, aperçut, au coin d’une lande, un objet roulé dans un drap blanc attaché avec des épingles.

Elle déposa son fagot sur une broussée d’ajoncs et enleva les épingles.

Qu’on juge de la surprise de la vieille, lorsqu’en ouvrant le drap elle découvrit un cadavre. Comme c’était une avaricieuse elle poussa, du pied, le corps dans un fossé et dit : « Puisqu’il est mort, il n’a plus besoin de linge », et elle emporta le drap chez elle.

Le lendemain soir, lorsqu’elle fut couchée, elle entendit ouvrir sa porte et quelqu’un s’approcher de son lit. Elle fut d’autant plus surprise qu’elle avait fermé sa porte à double tour et retiré la clef de la serrure.

La bonne femme ne dormit pas de la nuit, et le matin, lorsque le jour vint l’obliger à quitter son lit, elle ne vit rien de dérangé chez elle et trouva la porte fermée à double tour.

« J’aurai rêvé », dit-elle.

Le soir – toujours à l’heure où elle avait trouvé le cadavre sur la lande – elle entendit de nouveau ouvrir sa porte, et une personne s’avancer vers son lit, qui répéta : « Rends-moi mon drap et mes épilles ! »

Je ne dors cependant pas, disait-elle, et j’entends toujours cette voix prononçant les mêmes paroles.

Toutes les nuits ce fut la même chose.

La vieille, ne dormant plus, dépérissait à vue d’œil.

Elle se décida enfin à confier ses peines au recteur de la paroisse, qui l’engagea à reporter le soir même le drap où elle l’avait pris.

Toute tremblante, elle s’y rendit. Il faisait nuit noire lorsqu’elle arriva sur la lande.

Elle déposa le drap et les épingles sur le bord du fossé où elle avait repoussé du pied le cadavre du mort. « Je t’attendais, dit une voix qui partait du fossé. »

La bonne femme se sauva tout épeurée, et, lorsqu’elle rentra dans le village, elle était folle.

Un an après, jour pour jour, on la trouva morte sur la lande où elle avait volé le linceul du mort.

(Conté par Julie Denoual du village de la Porte-du-Parc, dans la commune des Iffs, âgée de 66 ans).

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1.Pain et vin et viande

Mes sept faix de bûchettes serrés,

Et mes sept fuseaux de fil filés.

2.Jambes

1.Ragolu, dans le patois d’Ille-et-Vilaine, veut dire rugueux, raboteux ; mais dans ce conte il signifie mal fait, mal bâti.

1.D’une traite.

2.Chapeau.

3.Noire et blanche.

1.Blé-noir.

2.Pain de ménage.

1.Clairière.

1.Presque ivre.

1.Les habitants de Paimpont, de Saint-Méen, de Gaël, le désignent sous le nom de Hoël III le roi des bois.

1.Café.

2.À sa volonté.

3.Culotte.

1.Guillaume.

1.Synonyme d’imbécile.

1.La piécette est le haut du tablier que les paysannes attachent sur la poitrine.

2.Frileux.

3.Habillement bien confortable.

4.Glacé.

5.Vêtements.

6.Grosse étoffe, sorte de bure fabriquée dans le pays.

7.Épargnes.

8.Un pantalon.

1.Poil, cheveux.

1.Grenier au foin.

2.Échelle.

3.Paul.

4.Broyer.

1.Échalier.

2.Nom donné aux petits sentiers.

3.Truie.

4.Trou.

5.Haie.

6.Blanches et noires.

7.Louis.

8.Joseph.

1.Pris.

1.Effrayez.

1.Grenier.

2.Bas.

3.Ce récit du peloton de laine m’a été raconté d’une autre façon par une bonne femme d’Ercé-près-Liffré, appelée Françoise Michaux. Dans cette variante, la laine se change, non pas en chat, mais en crapaud.

1.L’alizier, dont il est question, est tombé de vieillesse en 1884 seulement ; il mesurait 1 m 30 diamètre.

1.La fiente.

2.Demi-ivre.

3.Nous allons bien voir si je vais te céder la place.

4.M. de la Plesse, maire de Vitré, qui nous fit, dans le temps, le récit de la bête de Brielles, déclara le tenir du père Clouet son fermier. Celui-ci affirmait avoir rencontré, le soir, la bête en question, qui ne lui avait jamais fait de mal, par la raison qu’il avait eu soin de lui céder la place et de s’éloigner d’elle au plus vite.

1.Épingles.

Une édition

Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.