‹ Contes du Pays GalloChapitre 62 sur 78 · 21.5

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Plusieurs mois s’écoulèrent, et, lorsque tout semblait oublié, un homme vint demeurer dans une maison qu’il avait louée, près de celle de Jean Cheminet. Il semblait aimable, bon vivant, et fit des avances à son voisin qui, un jour, l’invita à dîner.

Lorsqu’ils furent à table, la servante remarqua les canons d’un pistolet qui sortaient de dessous l’habit de l’invité. Elle l’examina avec attention et reconnut le chef des brigands.

Elle se montra de plus en plus aimable avec l’étranger. À la fin du dîner, elle fit des tours de cartes, et dit qu’elle savait manier un fleuret parce que son père, ancien soldat et vieux garde de la forêt, s’était amusé à lui donner des leçons d’armes. Elle décrocha une épée pendue à la muraille, s’escrima contre le mur. Tout à coup elle se détourna et enfonça son épée dans la poitrine du brigand.

— Malheureuse, qu’as-tu fait ? s’écria son maître.

— Je vous ai délivré de votre plus cruel ennemi. Enlevez-lui son habit, et voyez dans quelle intention il s’était introduit chez vous et avait capté votre confiance.

Jean Cheminet reconnut, en effet, le chef des brigands de la forêt et remercia sa servante de lui avoir encore une fois sauvé la vie.

(Conté par Jean Ruelland, cultivateur à la

Ménardière en Guipel, âgé de 70 ans.)

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