‹ Contes et fablesChapitre 95 sur 99 · Le Moujik et le fleuve

Le Moujik et le fleuve

Une rivière a fait beaucoup de mal aux riverains, tantôt emportant un moulin, tantôt perdant les récoltes. Les habitants se sont décidés à porter plainte à un grand fleuve dans lequel se jettent toutes les petites rivières.

— Celui-là, pensent-ils, coule tranquillement ; sur ses rives sont construites de grandes villes, jouissant d’une parfaite sécurité ; on n’entend jamais parler de malheurs dans le voisinage. Il calmera certainement les petites rivières, se disaient-ils en portant leur plainte.

Ils approchèrent du fleuve, et ils virent les épaves de leurs biens flotter sur ses eaux.

— Cela va mal, dirent-ils alors ; les petites rivières partagent avec les grandes. Où faut-il chercher la justice ? Ce qui fait le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Et ils s’éloignèrent mécontents.

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