Raymond
Nous le voulons bien, car le soleil nous grille. »
Ils la suivirent sur le haut de la montagne, et, ayant encore tourné au coin d’un gros rocher, ils virent une vieille maison dont le toit était couvert de pierres plates toutes cassées. Au lieu de vitres à la croisée, il n’y avait que du papier huilé qui ne laissait presque pas entrer de jour, et il faisait bien sombre dans l’intérieur.
La vieille voyant les enfants très fatigués, les mena dans un des coins de la chambre où se trouvait un gros tas de paille de maïs : ils s’y étendirent tous les trois en riant et furent bientôt endormis.
Au bout de deux heures, Suzanne se réveilla la première, et dit : « J’ai faim ! » ce qui réveilla son frère et sa sœur.
La vieille qui faisait cuire une pleine marmite de gaudes, leur en donna un peu. Les pauvres petits ne les trouvèrent pas aussi bonnes que celles qu’on leur servait chez leur mère ; mais ils n’osèrent pas le dire.
Quand ils eurent fini de manger et qu’on leur eut donné à chacun un verre d’eau à boire, Hélène, se tournant vers la vieille femme, lui dit :
« Madame, nous vous remercions bien d’avoir été si bonne pour nous ; à présent nous allons nous en aller.