Hélène
C’est égal, il ne fallait pas passer le pont sans sa permission. »
Après avoir demandé pardon à Dieu, en joignant leurs petites mains, Raymond et Suzanne s’endormirent ; mais Hélène, qui était une vaillante petite fille, chercha comment elle ferait le lendemain pour se sauver avec les petits. Elle se souvint que quand elle était à l’ombre de sa maison, regardant la montagne que le soleil éclairait à midi, elle l’avait le matin à sa droite, et qu’il se couchait à sa gauche le soir. Elle se promit de chercher le chemin de sa maison, et elle finit par s’endormir après avoir beaucoup pleuré.
Hélène rêva qu’elle voyait sa mère sur le perron de la maison. Elle était pâle et tout en larmes. Sa bonne et la cuisinière couraient de tous côtés. Puis Jean le cocher galopait à cheval sur la route d’Ornans, pendant que le valet de chambre allait sur celle de Pontarlier. Son père était dans le bateau avec plusieurs forgerons, cherchant dans la rivière le corps des petits enfants ; et sa figure était si bouleversée qu’on avait bien de la peine à le reconnaître.
Tout cela fit qu’Hélène dormit très mal.
Dès le point du jour, la vieille éveilla les enfants.