‹ Contes et historiettesChapitre 62 sur 71 · Hélène

Hélène

Vite ! vite ! mes chéris ! sauvons-nous !

Et les prenant par la main, elle les entraîna vers le sentier. Ils descendirent le plus promptement qu’ils purent. Quand ils furent arrivés au bas de la montagne, ils se sentaient bien las ; mais cela ne les empêcha pas de traverser la route et de passer le pont en courant de toutes leurs forces ; ils ne s’arrêtèrent que quand ils se virent dans leur cour. Alors ils fermèrent la grille, tant ils avaient peur que la vieille ne vînt les reprendre.

Ne rencontrant personne ni dans la cour, ni sur la terrasse qui était fort grande, ils entrèrent dans la maison dont toutes les portes étaient ouvertes ; mais personne dans le salon, personne dans le billard, ni dans la bibliothèque, ni même dans la cuisine. Ils montèrent le grand escalier et allèrent droit au parloir de leur mère dont la porte était ouverte aussi. Elle était à genoux et disait : « Mon Dieu ! rendez-moi mes petits !

— Nous voilà ! maman, nous voilà ! » crièrent-ils tous ensemble. Et ils sautèrent sur ses épaules, l’une embrassant ses cheveux, l’autre son cou, Raymond lui tirant le bras pour lui baiser la main.

En entendant ces petites voix chéries, la pauvre mère se leva vivement, les prit tous les trois dans ses bras et les serra sur son cœur ; puis elle devint bien pâle et tomba sur le divan.

Raymond et Suzanne montèrent auprès de leur mère, et pressant leurs petites mains sur ses joues froides, ils baisaient ses paupières fermées.