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Chapitre 8 La paresse

Fernand était un bon garçon, mais extrêmement paresseux. Il fallait le tourmenter sans cesse pour qu’il fît son devoir et pour qu’il apprît ses leçons.
« Si tu continues ainsi, lui dit son père un jour que l’enfant était encore plus mal disposé que de coutume, tu ne seras propre à rien.

— Mais, papa, croyez-vous donc que les livres me donneront de l’intelligence si je n’en ai pas naturellement ?

— Non, mon ami : mais les enfants en ont tous, plus ou moins ; si par l’étude tu nourris et fortifies celle que tu as reçue en partage, tu pourras alors l’appliquer à toutes choses ; au contraire, si tu la laisses souffrir d’inanition, elle ne saurait te rendre aucun service. »

Le soir, en revenant de la promenade, Fernand et son père passèrent devant la forge d’un maréchal.

« Arrêtons-nous un moment, dit le père, et observe bien ce que fait cet ouvrier.

— Papa, il souffle le feu de sa forge.

— Et pourquoi souffle-t-il ?

— Pour en obtenir la chaleur nécessaire pour rougir son fer.

— Eh bien ! mon fils, l’esprit est comme le feu : il a besoin d’être continuellement excité pour acquérir toute la force dont il est susceptible ; et l’étude fait absolument sur lui l’effet que produit le soufflet sur le feu. »

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