‹ Contes et légendes annamitesChapitre 23 sur 150 · Légendes · 023 Le roi Dinh tien hoang

Légendes · 023 Le roi Dinh tien hoang

Đinh tiên hoàng avait perdu ses parents de bonne heure, il habitait avec son oncle maternel et allait garder les buffles. Un jour, qu’il les avait menés paître dans la montagne, il rassembla une bande de bergers qui le choisit pour son roi. Ils fabriquèrent avec des roseaux des pavillons pour l’escorter. Đinh tiên hoàng tua un de ses buffles et le leur donna à manger, il n’en conserva que la queue qu’il ficha en terre. Le soir il ramena les buffles chez son oncle. Celui-ci vit qu’il en manquait un et demanda ce qu’il était devenu. Đinh tiên hoàng répondit qu’il avait été englouti dans la terre près de la montagne. L’oncle s’étonna et lui dit de le mener à cet endroit. Son neveu lui montra la queue du buffle qui restait encore visible, l’oncle la prit et se mit à tirer dessus, mais elle lui resta dans la main et il tomba à la renverse. Transporté de colère, il se mit à la poursuite de son neveu. Celui-ci s’enfuit jusqu’à un bac dont le passeur s’appelait Rồng (dragon). « Rồng ! Rồng ! cria le jeune homme, viens vite à mon secours ». À cet appel, un dragon se montra dans le fleuve et aida le fugitif à le traverser. L’oncle effrayé s’en retourna. Par la suite, Đinh tiên hoàng devint roi.

Les vallées de Hoa lu ont produit un roi. — Au temps de ses jeux d’enfant il se distinguait déjà du vulgaire ; — Parmi la troupe des bergers tous cédaient (à son ascendant).
 De leurs mains unies ils faisaient son char (impérial) ; — De fleurs de roseaux ils faisaient les pavillons (de son cortège).
 Son visage imposant avait toute la majesté impériale ; — Les vieillards de son village le respectaient. — La physionomie de (celui de) Phong bai revivait en lui. — En vain les douze gouverneurs s’étaient-ils partagé le pays, — (Élevant le) drapeau du droit il pacifia, nivela tout. — Roi dix mille fois victorieux, il fonda le « grand et puissant empire de Viêt ». — Il réunit la montagne et le fleuve, renouvela le soleil et la lune.
 — Ce fut en ce temps que commença l’indépendance de la région brûlante (du midi).
 — Dépassant de loin les anciens rois, il était pareil aux Tong. — Comment cette rapide prospérité se changea-t-elle en une chute rapide ? — Du haut de son cheval il avait conquis, comment eut-il pu, du haut de son cheval gouverner ? — Par ses nombreuses violences il avait créé son propre péril. — Les paroles de l’oracle, l’angle (du bateau écorné par) l’escarboucle, tous ces prodiges avaient été vains.

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