‹ Contes et légendes annamitesChapitre 94 sur 150 · Légendes · 094 Vengeance d’un génie

Légendes · 094 Vengeance d’un génie

À Văn tự, dans la province de Nam đình, vivait un chef de canton nommé Tuyển qui était riche et grand amateur de curiosités. Il aimait beaucoup, entre autres choses, les kiều et les achetait à tout prix. Ces oiseaux sont noirs. Un jour qu’il était allé à Hà tịnh pour visiter des parents il vit dans un temple révéré un kiều complètement blanc. Il eut aussitôt la plus grande envie de le posséder. Il alla donc à la pagode faire un sacrifice, après quoi il demanda au génie du lieu de lui donner l’oiseau, mais les sapèques tournaient toujours sans donner de réponse.

Tuyển revint chez lui et ramena trente hommes à qui il fit tendre des filets pour prendre l’oiseau. Quand ils s’en furent emparés il l’emporta dans sa maison et lui fit faire une cage à trois étages laquée de rouge et d’or. Cet oiseau était blanc, vers le milieu de la matinée il devenait rouge, à midi bleu ou jaune. À son chant tous les autres oiseaux descendaient du haut des airs.

Quinze jours après, vers la troisième veille, Tuyển entendit quelqu’un qui l’appelait du dehors et lui disait : Rapporte le kiều à mon temple et rends-le moi. Si tu ne le fais pas, dans dix jours je te tue. Le matin venu Tuyển avait déjà la fièvre et souffrait de la tête. Sa famille était épouvantée et voulait rapporter l’oiseau mais il dit : « Ce génie n’a pas le droit de changer mes destinées à cause de cet oiseau. »

Trois jours après, au milieu de la nuit, on vit venir devant la porte un homme vêtu d’un habit rouge et portant un sabre à la main, qui répéta l’avertissement. Tuyển ne voulut pas davantage céder. Sa maladie s’aggrava. Quand il fut sur le point de mourir il appela son fils et lui dit : « Quand je serai mort brûle avec moi cent feuilles de papier et ce qu’il faut de pinceaux et d’encre. Quand je serai aux enfers je porterai plainte contre ce génie. Quant au kiều suspends-le près de ma tablette. Si tu ne m’obéis pas je reviendrai te tourmenter. » Les dix jours expirés il mourut.

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