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Chapitre 2

Cinq années plus tard, un matin du mois d’avril, nous retrouvons Corinne, la figure baignée de larmes, assise dans le vestibule et regardant tristement une voiture qui stationnait sur le chemin, chargée de malles et de paquets.

Elle était là depuis quelques instants, les yeux toujours fixés dans la même direction, lorsqu’un bruit de pas et de voix se fit entendre dans le corridor.

C’était l’institutrice que M. et Mme. Duclos allaient reconduire jusqu’à la voiture qui l’attendait en dehors du parterre.

En la voyant, Corinne se jeta dans ses bras, en pleurant davantage. Elle ne pouvait se résoudre à la laisser partir.

Car, pendant ces cinq années, elle avait pu connaître les trésors de ce cœur dévoué, et apprécier l’amie qui l’avait si souvent soutenue dans ses faiblesses et relevée de ses chutes.

Il fallut cependant se dire un dernier adieu, et Corinne regardait encore, en agitant son mouchoir, pendant que déjà la voiture était disparue derrière un massif d’arbres qui bordait le détour de la route.

La petite fille, maintenant âgée de treize ans, et aussi aimable qu’elle avait été maussade autrefois, allait terminer son éducation dans un pensionnat.

Quant à l’institutrice, elle allait recommencer ailleurs la tâche qu’elle venait de terminer ici, et continuer cette vie de dévouement et de sacrifices que le monde sait rarement apprécier, mais pour laquelle Dieu doit réserver une récompense à part dans les trésors de son éternelle bonté.

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