Chapitre 6
Plus il y réfléchissait, plus le succès lui semblait assuré. Bien qu’à la fin de son automne, Pierre avait gardé toute la mobilité d’impression de la première jeunesse. Tout joyeux de la brillante perspective qui s’ouvrait devant lui, il se mit à cabrioler par la cuisine, en faisant avec ses jambes décharnées les plus risibles contorsions, riant et grimaçant comme un singe. Puis, au paroxysme de l’exaltation, il saisit les deux mains de Tabita, et entraîna la pauvre vieille dans une valse désordonnée, jusqu’à ce que la bizarrerie de la situation et la mine effarée de Tabita lui eussent occasionné un fou rire dont les vieilles murailles lui envoyèrent l’écho, et qu’il fut longtemps à réprimer avant de recouvrer son habituelle gravité.
— Demain au point du jour, dit-il en prenant sa lampe pour s’aller coucher, je verrai si le trésor ne serait pas caché dans le mur du grenier.
— Et comme nous n’avons plus de bois, monsieur Pierre, dit Tabita, soufflant encore de sa gymnastique involontaire, quand vous aurez démoli la maison, je ferai du feu avec les débris.
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