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Chapitre 8

Le lendemain matin, Pierre se leva de bonne heure, saisit une hache, un marteau, une scie, et monta au grenier. C’était une vaste chambre, faiblement éclairée par les pâles rayons d’un soleil d’automne, qui traversait, non sans peine, un œil de bœuf couvert de poussière et de toiles d’araignée.

Quel sujet de réflexions pour un moraliste ! Un grenier est la nécropole des vieilles modes, de ces frivolités éphémères qui jadis eurent tant de prix pour des hommes d’une génération évanouie. Tout cela passa dans le grenier comme il descendait dans la tombe. Avec les objets qu’on veut conserver, on y met ceux dont on veut se débarrasser. Pierre y vit des livres de commerce à moitié moisis, recouverts de parchemin, et sur les pages desquels des créanciers depuis longtemps morts et enterrés avaient inscrit les noms des débiteurs également passés dans l’autre monde. L’encre avait tellement pâli, que les inscriptions de leurs pierres tumulaires étaient peut-être plus lisibles sous la mousse qui les couvrait. Il trouva un lot de vieux habits, dont il se fut volontiers emparé s’ils n’eussent été depuis longtemps la proie des vers. Il y avait une épée rouillée, mais une épée de parade, qui ne s’était jamais teinte du sang des ennemis ; puis des cannes de toutes sortes, mais pas une à pomme d’or ; des boucles de souliers de différents modèles, mais point en argent ; il y avait une grande caisse remplie de chaussures éculées ; sur un rayon étaient rangées des fioles à moitié vides, dont le contenu, en partie absorbé par les ancêtres de Pierre, avait passé de la chambre mortuaire au grenier.

Enfin, pour terminer cet inventaire de choses qui ne seront jamais vendues entières, il y avait un fragment d’une belle glace, dont la surface ternie par le temps et la poussière, faisait paraître les vieilleries qui s’y reflétaient encore plus vieilles qu’elles ne l’étaient réellement.

Lorsque Pierre, qui ne savait pas qu’il y eût une glace en cet endroit, aperçut sa maigre figure, il crut tout d’abord que son grand-oncle Pierre Goldthwaite était venu là pour l’assister dans les recherches ou l’en dissuader. Il eut même comme une vague idée qu’il était ce Pierre qui avait caché le trésor, mais qu’il avait oublié dans quel endroit il l’avait mis.

— Eh bien ! monsieur Pierre, cria Tabita du bas de l’escalier, avez-vous abattu assez de bois pour faire chauffer l’eau de votre thé ?

— Pas encore, vieille Tabby, mais ce ne sera pas long, tu vas voir.

— En même temps, il leva sa hache et se mit à frapper autour de lui si vigoureusement qu’un nuage de poussière l’enveloppa tout entier, pendant que le bois gémissait et craquait. Il semblait l’ange de la destruction. Un moment après, la vieille Tabita redescendait son tablier rempli de débris.

— Notre bois ne nous coûtera pas cher cet hiver, murmura-t-elle.

Cependant, une fois en train, Pierre continua de frapper autour de lui, coupant et jetant bas solives et charpentes, arrachant clous et chevilles, et faisant sauter d’énormes planches avec un fracas épouvantable. De temps à autre, lorsque la fatigue l’obligeait à prendre quelque repos, il sondait les murs, mais il avait soin de ne pas toucher à ceux qui confinaient les propriétés voisines de la sienne, afin de ne pas attirer l’attention.

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