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Contes fantastiques Tome I

E.T.A. Hoffmann

Contes fantastiques
Tome I

Traduit par Loève-Veimars et John William Polidori

1829

Un texte du domaine public.
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Sources :

- Bibliothèque Électronique du Québec

Ont contribué à cette édition :

- Association de Promotion de l'Ecriture et de la Lecture

Fontes :

- David Rakowski's
- Manfred Klein
- Philipp H. Poll

Le texte qui suit, avant de prendre place dans l’édition Loève-Veimars, a paru dans la Revue de Paris(tome I, 12 avril 1829) sous le titre : « Du merveilleux dans le roman ». C’est une version abrégée de l’article de Walter Scott, « On the Supernatural in Fictitious Composition : Works of Hoffmann », publié dans la ForeignQuarterly Reviewde juillet 1827.

La notice critique de Walter Scott sur Hoffmann, qui précède ces Contes, a déjà été placée dans les œuvres du romancier écossais. Il n’a pas dépendu de nous de la supprimer dans cet ouvrage, ni de la publier plus tôt ; il nous a semblé d’ailleurs que sa place était marquée en tête de ce livre : Hoffmann pourra ainsi répondre par lui-même à son rigoureux critique.

Ce n’était peut-être pas avec les principes de la raison la plus élevée, du goût le plus pur, qu’il fallait juger un Hoffmann. D’où vient cette manie générale de reconstruire à sa guise l’âme d’un écrivain ? et pourquoi regretter que tel homme n’ait pas eu le talent de tel autre ? Hoffmann dessinait, il composait des vers, de la musique, dans une sorte de délire ; il aimait le vin, une place obscure au fond d’une taverne ; il se réjouissait de copier des figures étranges, de peindre un caractère brut et bizarre ; il craignait le diable, il aimait les revenants, la musique, les lettres, la peinture ; ces trois passions qui dévorèrent sa vie, il les cultivait avec un emportement sauvage ; Salvator, Callot, Beethoven, Dante, Byron, étaient les génies qui réchauffaient son âme : Hoffmann a vécu dans une fièvre continuelle ; il est mort presque en démence : un tel homme était plus fait pour être un sujet d’études que de critiques ; et on devait plutôt compatir à cette originalité qui lui a coûté tant de douleurs, qu’en discuter froidement les principes. Il ne fallait pas oublier surtout que, s’il est des écrivains qui trouvent leur immense talent et leur verve dans le bonheur et dans l’opulence, il en est d’autres dont la route a été marquée à travers toutes les afflictions humaines, et dont un fatal destin a nourri l’imagination par des maux inouïs et par une éternelle misère.

A. Loève-Veimars.

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