‹ Contes fantastiques Tome VIChapitre 123 sur 159 · Berganza

Berganza

Je devine, tu parles de cet acteur qui va sans cesse d’un endroit à un autre, cherchant en vain la scène rêvée par son imagination et à peine digne des prétentions théâtrales non moins justes que hardies de l’acteur instruit et pensant. – Ne trouves-tu pas, par parenthèse, que cette seule formule d’éloge, employée comme par exception, « c’est un acteur qui pense ! » caractérise de la manière la plus bouffonne la pitoyable condition de nos acteurs ordinaires ? Ainsi donc, penser réellement quand on a reçu de Dieu une âme intelligente, ou plutôt ne pas craindre de penser, est déjà une chose extraordinaire ?