‹ Contes fantastiques Tome VIChapitre 34 sur 159 · Berganza

Berganza

Je me traînai péniblement, faible et débile comme je l’étais, de la grande route sous des arbres voisins, et je m’endormis. À mon réveil, le soleil était déjà bien haut sur l’horizon, et je sentais l’huile des sorcières s’échauffer sur mon dos velu. J’allai me plonger dans le ruisseau qui gazouillait à travers les buissons, pour me rafraîchir et me débarrasser du maudit onguent, et je me mis ensuite à courir en avant avec une nouvelle vigueur, car je ne me souciais pas de retourner à Valladolid, craignant de retomber peut-être encore dans les mains de la maudite Cagnizares. Mais à présent, mon ami, prête une oreille attentive : car, de même que la morale vient après la fable, ce qui va suivre t’expliquera suffisamment enfin comment j’existe encore.