Le soldat et le diable
Un soldat retournait chez lui en congé définitif. Il était fort triste, car il ne lui restait plus rien de son maigre quibus : tout avait été dépensé de côté et d’autre. « Allons, » se dit-il, « pour me consoler, je vais faire ribote, je vendrai mon havresac et je me paierai une orgie. » Là-dessus, le soldat entra dans un cabaret et céda son havresac au patron en échange d’une bouteille d’eau-de-vie. Quand il se remit en route, il était tellement ivre qu’il ne tarda pas à s’étaler par terre. Passe un diable qui l’aperçoit couché à plat ventre sur le chemin. « Qu’est-ce que tu fais, militaire ? » demanda-t-il. — « Tu le vois bien : je φους. — Et pourquoi donc ton υιτ est-il à découvert ? — Sois tranquille, je ne le perdrai pas. Mais que φους-tu là ? — Je φους qui tu voudras. » Le diable vit que le soldat n’était pas manchot, et il leur en faut de pareils ; il le prit avec lui. À présent, le soldat vit dans l’opulence, il se pocharde tous les jours, fume de la makhorka et mange du raifort sur son eau-de-vie.