‹ Contes Tome IChapitre 17 sur 17 · Chapitre 2

Chapitre 2

Jusqu’alors j’avais considéré Théodore Blitz comme une espèce de fou mystique, sa prétention d’entretenir des correspondances avec les esprits invisibles, au moyen d’une musique composée de tous les bruits de la nature : du frémissement des feuilles, du murmure des vents, du bourdonnement des insectes, me paraissait fort ridicule et je n’étais pas seul de mon avis.

Il avait beau nous dire que si le chant grave de l’orgue éveille en nous des sentiments religieux, que si la musique guerrière nous porte à la bataille et les airs champêtres à la contemplation, c’est que ces différentes mélodies sont des invocations aux génies de la terre, lesquels apparaissent soudain au milieu de nous, agissent sur nos organes et nous font participer à leur propre essence – tout cela me paraissait obscur, et je ne doutais pas que l’organiste ne fût un cerveau blessé.

Mais dès lors mes opinions changèrent à son égard, et je me dis qu’après tout l’homme n’est pas un être purement matériel, que nous sommes composés de corps et d’âme ; que tout attribuer au corps et tout vouloir expliquer par lui n’est pas rationnel ; que le fluide nerveux, agité par les ondulations de l’air, est tout aussi difficile à comprendre que l’action directe des puissances occultes ; qu’on ne conçoit pas comment un simple chatouillement, exercé d’après les règles du contrepoint, dans notre oreille, provoque en nous des milliers d’émotions agréables ou terribles, élève notre âme vers Dieu, la met en présence du néant ou réveille en nous l’ardeur de la vie, l’enthousiasme, l’amour, la crainte, la pitié… Non, je ne trouvai plus cette explication satisfaisante, les idées du maître de chapelle me parurent bien plus grandes, plus fortes, plus justes et plus acceptables sous tous les rapports.

D’ailleurs, comment expliquer par le chatouillement nerveux l’arrivée de Saphéri Mutz à la brasserie ? Comment expliquer l’épouvante du malheureux, qui le forçait à se livrer lui-même, et la perspicacité merveilleuse de Blitz lorsqu’il nous disait : « Chut ! écoutez… il arrive… que le Seigneur nous protège ! »

En résumé, toutes mes préventions contre le monde invisible disparurent, et des faits nouveaux vinrent me confirmer dans cette manière de voir.

Environ quinze jours après la scène dont j’ai parlé plus haut, Saphéri Mutz avait été transféré par la gendarmerie dans les prisons de Stuttgart. Les mille rumeurs éveillées par la mort de Grédel Dick commençaient à s’assoupir ; la pauvre fille dormait en paix derrière la colline des Trois-Fontaines, et les gens s’entretenaient des prochaines vendanges.

Un soir, vers cinq heures, au sortir du grand entrepôt de la douane, où j’avais dégusté quelques pièces de vin pour le compte de Brauer, qui se fiait plus à moi, sous ce rapport, qu’à lui-même, la tête un peu lourde, je me dirigeai par hasard dans la grande allée des Platanes, derrière l’église Saint-Étienne.

Le Rhin déployait à ma droite sa nappe d’azur, où quelques pêcheurs jetaient leurs filets ; à ma gauche s’élevaient les antiques fortifications de la ville.

L’air commençait à se rafraîchir, le flot chantait son hymne éternel, les brises du Schwartz-Wald agitaient le feuillage, et comme j’allais ainsi, ne songeant à rien, tout à coup les sons d’un violon frappèrent mon oreille.

J’écoutai.

La fauvette à tête noire ne met pas plus de grâce, de délicatesse, dans l’exécution de ses trilles rapides ni d’enthousiasme dans le jet de son inspiration.

Mais cela ne ressemblait à rien ; cela n’avait ni repos ni mesure : c’était une cascade de notes délirantes d’une justesse admirable, mais dépourvues d’ordre et de méthode.

Et puis, à travers l’élan de l’inspiration, quelques traits aigres, incisifs, vous pénétraient jusqu’à la mœlle des os.

« Théodore Blitz est ici », me dis-je en écartant les hautes branches d’une haie de sureau au pied du talus.

Alors je me vis à trente pas de la poste, près du guévoir couvert de lentilles d’eau, où des grenouilles énormes montraient leur nez camard. Un peu plus loin s’élevaient les écuries avec leurs larges hangars, et la maison d’habitation toute décrépite. Dans la cour, entourée d’un mur à hauteur d’appui et d’une grille vermoulue, se promenaient cinq ou six poules, et sous la grande échoppe couraient des lapins, la croupe en l’air, la queue en trompette ; ils me virent et disparurent comme des ombres sous la porte de la grange.

Pas un autre bruit que le murmure du fleuve et la fantaisie bizarre du violon ne s’entendait.

Comment diable Théodore Blitz était-il là ?

L’idée me vint qu’il expérimentait sa musique sur la famille des Mutz, et, la curiosité me poussant, je me glissai derrière le petit mur d’enceinte, pour voir ce qui se passait à la ferme.

Les fenêtres en étaient toutes grandes ouvertes, et, dans une salle basse, profonde, aux poutres brunes, de plain-pied avec la cour, j’aperçus une longue table servie avec toute la somptuosité des fêtes de village ; plus de trente couverts en faisaient le tour ; mais ce qui me stupéfia, ce fut de ne voir que cinq personnes en face de ce grand service : le père Mutz, sombre et rêveur, en habit de velours noir à boutons de métal, sa large tête osseuse, grisonnante, contractée par une pensée fixe, ses yeux caves en arrêt devant lui ; – le gendre, figure sèche, insignifiante, le col de sa chemise remontant jusqu’au dessus de ses oreilles ; – la mère, en grand bonnet de tulle, l’air égaré ; – la fille, assez jolie brune, coiffée d’un béguin de taffetas noir à paillettes d’or et d’argent, le sein enveloppé d’un fichu de soie aux mille couleurs ; – enfin, Théodore Blitz, le tricorne sur l’oreille, le violon serré entre l’épaule et le menton, ses petits yeux scintillants, la joue relevée par une grosse ride, et les coudes allant et venant comme ceux d’une cigale qui racle son ariette stridente dans les bruyères.

Les ombres du soleil couchant, la vieille horloge avec son cadran de faïence à fleurs rouges et bleues, le coin d’une herse sur lequel retombait le rideau de l’alcôve à carreaux gris et blancs, et surtout la musique de plus en plus discordante, me produisirent une impression indéfinissable : je fus saisi d’une véritable terreur panique. – Était-ce l’effet du rudesheim que j’avais trop longtemps respiré ? Étaient-ce les teintes blafardes du soir qui venait ? Je l’ignore ; mais, sans regarder davantage, je me glissais tout doucement, les reins courbés, le long du mur, pour regagner la route, quand un chien énorme bondit vers moi de toute la longueur de sa chaîne et me fit pousser un cri de surprise.

« Tirik ! » cria le vieux maître de poste.

Et Théodore, m’ayant aperçu, s’élança de la salle en criant :

« Eh ! c’est Christian Spéciès ! Entrez donc, mon cher Christian ; vous arrivez à propos ! »

Il traversa la cour, et, venant me prendre au bras :

« Mon cher ami, me dit-il avec une animation singulière, voici l’heure où le noiret le blancsont aux prises… Entrez… entrez ! »

Son exaltation m’épouvantait, mais il ne voulut pas écouter mes observations, et m’entraîna sans qu’il me fût possible de faire aucune résistance.

« Vous saurez, cher Christian, disait-il, que nous avons baptisé ce matin un ange du Seigneur, le petit Nickel-Saphéri Brêmer. J’ai salué sa venue dans ce monde de délices par le chœur des Séraphins.Et maintenant, figurez-vous que les trois quarts de nos invités sont en fuite. Hé ! hé ! hé ! Entrez donc, vous êtes le bienvenu ».

Il me poussait par les épaules, et, bon gré mal gré, je franchis le seuil.

Tous les membres de la famille Mutz avaient tourné la tête. J’eus beau refuser de m’asseoir, ces gens enthousiastes m’entouraient :

« Celui-ci fera le sixième ! criait Blitz, le nombre six est un beau nombre ! »

Le vieux maître de poste me serrait les mains avec émotion, disant :

« Merci, monsieur Spéciès, merci d’être venu ! On ne dira pas que les honnêtes gens nous fuient… que nous sommes abandonnés de Dieu et des hommes !… Vous resterez jusqu’à la fin ?

— Oui, balbutia la vieille avec un regard suppliant, il faut que M. Spéciès reste jusqu’à la fin ; il ne peut nous refuser cela. »

Je compris alors pourquoi cette table était si grande, et le nombre des convives si petit : tous les invités du baptême, songeant à Grédel Dick, avaient trouvé des prétextes pour ne pas venir.

L’idée d’un pareil abandon me serra le cœur.

« Mais certainement, répondis-je, certainement… je reste… et c’est avec plaisir… avec un grand plaisir. »

Les verres furent remplis, et nous bûmes d’un vin âpre et fort, d’un vieux markobrünner dont le bouquet austère me remplit de pensées mélancoliques.

La vieille, me posant sa longue main sur l’épaule, murmura :

« Encore un petit coup, monsieur Spéciès, encore un petit coup ! »

Et je n’osai refuser.

En ce moment, Blitz, plongeant son archet sur les cordes vibrantes, me fit passer un frisson glacial par tous les membres.

« Ceci, mes amis, s’écria-t-il, est l’invocation de Saül à la pythonisse ! »

J’aurais voulu fuir ; mais, dans la cour, le chien hurlait d’une façon lamentable, la nuit venait, la salle se remplissait d’ombres ; les traits accentués du père Mutz, ses yeux égarés, la pression douloureuse de ses larges mâchoires n’avaient rien de rassurant.

Blitz râclait, râclait toujours son invocation à tour de bras ; la ride qui contournait sa joue gauche se creusait de plus en plus, la sueur perlait sur ses tempes.

Le maître de poste remplit de nouveau nos verres, et me dit d’un accent sourd, impérieux :

« À votre santé !

— À la vôtre, monsieur Mutz ! » répondis-je en tremblant.

Tout à coup, l’enfant dans son berceau se prit à vagir, et Blitz, par une ironie diabolique, l’accompagna de notes aigres en criant :

« C’est l’hymne de la vie… hé ! hé ! hé ! Bien des fois le petit Nickel le chantera jusqu’à ce qu’il soit chauve… hé ! hé ! hé ! »

La vieille horloge, en même temps, grinça dans son étui de noyer, et comme je levais les yeux, étonné de ce bruit, je vis sortir de la patraque un petit automate, sec, chauve, les yeux creux, le sourire moqueur, bref, la Mort qui s’avançait à pas comptés et qui se mit à faucher par secousses quelques brins d’herbes peints en vert au bord de la boîte. Puis, au dernier coup, elle fit demi-tour et rentra dans son trou comme elle était venue.

« Que le diable emporte l’organiste de m’avoir conduit ici ! me dis-je ; un joli baptême… et des gens bien gais… hé ! hé ! hé ! »

Je remplis mon verre pour me donner du courage.

« Allons… allons… le sort en est jeté ; personne n’échappe à son sort ; j’étais destiné, depuis l’origine des siècles, à sortir ce soir de la douane, à me promener dans l’allée de Saint-Étienne, à venir malgré moi dans cet abominable coupe-gorge, attiré par la musique de Blitz ; à boire du markobrünnerqui sent le cyprès et la verveine, et à voir la Mort faucher des herbes peintes… c’est drôle… c’est véritablement drôle. »

Aussi rêvais-je, en riant du sort des hommes, lesquels se croient libres et sont conduits par des fils attachés aux étoiles. Les mages l’ont dit, il faut les croire.

Je riais donc dans l’ombre, quand la musique se tut.

Un grand silence suivit ; l’horloge continuait seule son tic-tac monotone ; et dehors, la lune, au-delà du Rhin, montait lentement derrière le feuillage tremblotant d’un peuplier ; sa pâle lumière ricochait sur les vagues innombrables. Je voyais cela, et dans cette lumière passait une barque noire ; un homme debout sur la barque, également noir, le demi-manteau flottant sur les reins, et le grand chapeau à larges bords garni de banderoles.

Il passa comme un rêve. – Je sentais alors mes paupières s’appesantir.

« Buvons ! » cria le maître de chapelle.

Les verres cliquetèrent.

« Comme le Rhin chante bien ! il chante le cantique de Barthold Gouterolf, fit le gendre. « Ave... ave... Stella !... »

Personne ne répondit !

Au loin, bien loin, on entendait deux rames battre le flot en cadence.

« C’est aujourd’hui que Saphéri doit recevoir sa grâce ! » s’écria tout à coup le vieux maître de poste d’une voix enrouée.

Il ruminait sans doute cette pensée depuis longtemps. C’est elle qui le rendait si triste. Moi, j’en eus la chair de poule.

« Il songe à son fils, me dis-je, à son fils qu’on doit pendre ! »

Et je me sentis froid le long du dos.

« Sa grâce ! fit la fille avec un éclat de rire étrange, oui… sa grâce !… »

Théodore me toucha l’épaule, et, se penchant à mon oreille, me dit :

« Les esprits arrivent !… ils arrivent !…

— Si vous parlez de cela, cria le gendre dont les dents claquaient, si l’on parle de ça, moi, je m’en vais !…

— Va-t’en, va-t’en, trembleur ! répondit la fille ; on n’a pas besoin de toi.

— Eh bien ! oui, je m’en vais », dit-il en se levant.

Et, décrochant son feutre de la muraille, il sortit à grands pas.

Je le vis passer rapidement devant les fenêtres et j’enviai son sort.

Comment faire pour m’en aller ?

Quelque chose marchait sur le mur en face ; je regardai, les yeux écarquillés de surprise, et je reconnus que c’était un coq. Plus loin, entre les palissades vermoulues, le fleuve brillait et ses grandes lames se déployaient lentement sur la grève ; la lumière sautillait dessus comme un nuage de mouettes aux grandes ailes blanches. Ma tête était pleine d’ombres et de reflets bleuâtres.

« Écoute, Pétrus, cria la vieille au bout d’un instant, écoute : c’est toi qui es cause de ce qui nous arrive !

— Moi ! fit le vieillard d’un accent sourd, irrité, moi j’en suis la cause ?

— Oui, tu n’as jamais eu pitié de notre garçon ; tu ne lui passais jamais rien ! Est-ce que tu ne pouvais pas lui laisser prendre cette fille ?

— Femme, dit le vieillard, au lieu d’accuser les autres, songe que le sang retombe sur ta tête. Depuis vingt ans, tu n’as fait que me cacher les fautes de ton fils. Quand je l’avais puni de son méchant cœur, de sa mauvaise colère, de son ivrognerie, toi, tu le consolais, tu pleurais avec lui, tu lui donnais de l’argent en cachette, tu lui disais : « Ton père ne t’aime pas… c’est un homme dur ! » Et tu mentais, pour te faire aimer plus. Tu me volais la confiance et le respect qu’un enfant doit à ceux qui l’aiment et qui le corrigent. Et quand il a voulu prendre cette fille, je n’avais plus assez de force pour le faire obéir.

— Tu n’avais qu’à dire oui ! hurla la vieille.

— Et moi, dit le vieillard, j’ai voulu dire non, parce que ma mère, ma grand-mère, et tous les hommes et les femmes de la famille, ne pouvaient recevoir cette païenne dans le ciel !

— Dans le ciel ! ricana la vieille, dans le ciel. »

Et la fille d’un ton aigre ajouta :

« Depuis que je me rappelle, le père ne nous a jamais donné que des coups.

— Parce que vous les méritiez, répondit le vieillard ; ça me faisait plus de peine qu’à vous !

— Plus de peine… hé ! hé ! hé ! plus de peine ! »

En ce moment, une main me toucha le bras ; je tressaillis, c’était Blitz ; un rayon de lune, ricochant sur les vitres, l’éclaboussait de lumière ; sa figure pâle, sa main étendue ressortaient sur les ténèbres. Je suivis du regard la direction de son doigt, car il me montrait quelque chose, et je vis le plus terrible spectacle dont il me souvienne : – une ombre immobile, bleue, se détachait devant la fenêtre, sur la nappe blanche du fleuve ; cette ombre avait la forme humaine, et semblait suspendue entre le ciel et la terre ; sa tête tombait sur la poitrine, ses coudes se dressaient en équerre le long de l’échine, et les jambes toutes droites s’allongeaient en pointe.

Comme je regardais, les yeux arrondis et bridés d’épouvante, chaque détail m’apparaissait dans cette figure blafarde ; je reconnus Saphéri Mutz, et, au-dessus de ses épaules voûtées, la corde, le croc et le cadre du gibet ; puis, au bas de ce funèbre appareil, une figure blanche, à genoux, les cheveux épars : Grédel Dick, les mains jointes, en prière.

Il paraît qu’au même instant tous les autres virent comme moi cette apparition étrange, car j’entendis le vieux gémir :

« Seigneur Dieu… Seigneur Dieu, ayez pitié de nous ! »

Et la vieille, d’une voix basse, suffoquée, murmura :

« Saphéri est mort ! »

Elle se prit à sangloter.

Et la fille cria :

« Saphéri ! Saphéri ! »

Mais alors tout disparut, et Théodore Blitz, me prenant par la main, me dit :

« Partons. »

Nous sortîmes. La nuit était belle ; les feuilles tremblotaient avec un doux murmure.

Et comme nous courions tout effarés dans la grande allée des Platanes, une voix lointaine, mélancolique, chantait sur le fleuve la vieille ballade allemande :

La tombe est profonde et silencieuse,

Son bord est horrible !

Elle étend un manteau sombre,

Elle étend un manteau sombre,

Sur la patrie des morts.

« Ah ! s’écria Blitz, si Grédel Dick n’avait pas été là, nous aurions vu l’autre,le grand noir, décrocher Saphéri ; mais elle priait pour lui, la pauvre âme… elle priait pour lui… Ce qui est blancreste blanc ! »

Et la voix lointaine, toujours plus faible, reprit au murmure des vagues :

La mort n’a pas d’échos

Pour le chant du rossignol.

Les roses qui croissent sur la tombe,

Les roses qui croissent sur la tombe,

Sont des roses de douleur.

Or, la scène horrible qui venait de s’accomplir sous mes yeux, et cette voix lointaine, mélancolique, – qui s’éloignait de plus en plus, finit par s’éteindre dans l’étendue – me sont restées comme une image confuse de l’infini, de cet infini qui nous absorbe impitoyablement et nous engloutit sans retour ! Les uns en rient, comme l’ingénieur Rothan ; les autres en tremblent comme le bourgmestre ; d’autres en gémissent d’un accent plaintif, et d’autres, comme Théodore Blitz, se penchent sur l’abîme pour voir ce qui se passe au fond. Mais tout cela revient au même, et la fameuse inscription du temple d’Isis est toujours vraie : « Je suis celui qui est, – et nul n’a jamais pénétré le mystère qui m’entoure, nul ne le pénétrera jamais. »

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