CONCLUSIONS
I. Les moisissures (mucédinées) ne se développent pas, ou disparaissent, tout au moins, très hâtivement dans l’eau, sous un certain volume, et cela pour les principales raisons suivantes : a) l’exagération même de l’humidité ; b) le mouvement de la masse liquide ; c) enfin et surtout le résultat de la concurrence vitale.
II. Il existe, en effet, un antagonisme très marqué et incontestable entre les moisissures et les bactéries qui ont été simultanément semées dans l’eau ou dans un liquide nutritif quelconque, et cet antagonisme tourne le plus souvent au profit des bactéries en ce qui concerne, tout au moins, les processus de vitalité et de végétalité.
III. Si les microbes l’emportent ainsi presque constamment sur les moisissures, dans la lutte pour la vie, c’est par suite d’une plus grande résistance vitale et surtout d’une pullulation infiniment plus rapide due, elle-même, au phénomène de la bipartition ou scissiparité. Mais il ne semble pas que les toxines microbiennes soient appelées à jouer un rôle actif dans cette lutte et dans ses résultats.
IV. Les Moisissures, cependant, peuvent parfois voir cette lutte tourner à leur profit lorsque le milieu de culture leur est, par sa réaction, plus nettement favorable qu’aux bactéries, qu’elles ne s’y trouvent pas absolument submergées et qu’elles sont enfin, initialement, en proportion vraiment très prépondérante.
V. Il semble, d’autre part, résulter de quelques-unes de nos expériences, malheureusement trop peu nombreuses et qu’il importera de répéter à nouveau et de contrôler, que certaines moisissures (Penicillum glaucum), inoculées à un animal en même temps que des cultures très virulentes de quelques microbes pathogènes (B. coli et B. typhosus d’Eberth), sont capables d’atténuer dans de très notables proportions la virulence de ces cultures bactériennes.
VI. On peut donc espérer qu’en poursuivant l’étude des faits de concurrence biologique entre moisissures et microbes, étude seulement ébauchée par nous et à laquelle nous n’avons d’autre prétention que d’avoir apporté ici une très modeste contribution, on arrivera, peut-être, à la découverte d’autres faits directement utiles et applicables à l’hygiène prophylactique et à la thérapeutique.