‹ Correspondance 1812-1876, 5Chapitre 189 sur 196 · 1870 · DCCXXX

1870 · DCCXXX

Nohant, 20 avril 1870.

C’est encore moi Je dis à tout le monde que nous sommes bons amis, et tout le monde veut que je m’adresse à vous. Je vous ai envoyé le roman de madame Blanc : je désire beaucoup qu’il vous convienne de le publier.

Àprésent, Flaubert m’écrit qu’il a quelques dettes à payer et qu’il ne peut se décider à demander de l’argent. Je ne sais pas pourquoi, puisqu’il vous a trouvé très excellent envers lui, et que vous ne refusez jamais un solde ou une avance à qui en a besoin. J’ignore où vous en êtes avec lui de votre règlement ; mais je vois que vous lui rendriez grand service en lui portant ou en lui envoyant de quoi se remettre à flot, puisqu’il ne sait pas demander lui-même. Il est atrabilaire pour le moment. Il a perdu, après Bouilhet, un autre ami, un second Bouilhet ; avec cela, il est en mauvaise santé, et ses lettres sont tristes. Je crois que sa position matérielle améliorée l’aiderait à reprendre le dessus.

G. SAND.

Ne parlez pas à Flaubert de ma lettre. Faites comme de vous-même.

Paris, 24 avril 1870.

MICHEL LÉVY.

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