‹ Correspondance 1812-1876, 6Chapitre 218 sur 230 · 1876 · CMLV

1876 · CMLV

Nohant, 14 février 1876.

On me dit, madame, qu’une lettre de moi vous serait agréable et vous ferait quelque bien. Je le voudrais beaucoup, mais puis-je l’espérer ? Qu’est-ce qu’une personnalité étrangère peut apporter de clarté dans votre vie intime ?

N’importe ! je ne veux pas me refuser à un effort pour vous distraire un instant et pour vous dire au moins que je voudrais ce que je ne peux pas, vous consoler ou vous fortifier. Je sais que votre vie est vouée à un deuil éternel. La mienne a été écrasée par des douleurs profondes, et ce que l’on a pu me dire n’a pas pénétré en moi bien avant. Je n’ai trouvé de soulagement que dans l’espoir de rejoindre ailleurs ce qui m’a quitté ici. C’est en vous que réside la force que je chercherais en vain à vous donner.

Ne voyez donc, dans ces quelques mots que je vous adresse, que le témoignage d’une respectueuse sympathie pour votre malheur et le vif désir de vous marquer ma sollicitude attendrie et sincère.

GEORGE SAND.

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