LVIII
17 septembre 1867.
Mon cher Roux,
J'ai vu plusieurs éditeurs parisiens, et j'ai acquis la certitude qu'une pièce jouée en province ne peut être publiée qu'en province. A Paris, on ne croit pas à la décentralisation,--on m'a presque ri au nez. Donc, nous ne pouvons compter que sur Arnaud. J'attends une lettre de lui, et, en lui répondant, je le pousserai à imprimer notre drame au plus vite.
D'autre part, je suis allé chez Péragallo donner mon pouvoir. J'ai parlé des _billets d'usage_, et l'on n'a pas su ce que je voulais dire. L'agent de la Société a droit à quatre places, voilà tout. Donc ne forçons pas le sieur Péragallo à mettre le nez dans l'inconnu. Mais je suis d'avis que M. Peysse demande à M. Bellevaut ce qu'il a voulu dire par _les billets d'usage_. Peut-être y a-t-il là quelque bénéfice _illicite_ que je ne suis pas d'avis de laisser échapper. Charge-toi d'approfondir cette question.
Sais-tu que l'agence nous prend 10 p. 100, ce qui joint aux 20 p. 100 promis à Bellevaut fait 30 p. 100. Nous sommes volés.
Dès que tu auras des nouvelles, communique-les-moi, demande la date _probable_ de la première.
A toi.
ÉMILE ZOLA