LXVI
Marseille, 19 septembre 1870.
Mon cher Roux,
Arnaud le remettra cette lettre et t'expliquera les raisons qui me font l'écrire.
En deux mots, veux-tu que nous fassions un petit journal à Marseille[7], pendant notre villégiature forcée. Cela occupera _utilement_ notre temps. Sans toi, je n'ose tenter l'aventure. Avec toi, je crois le succès possible. Nous avons ici les hommes et les choses pour nous. Donne-moi une réponse immédiate. Tu ferais même bien, si ma proposition te souriait, de venir demain à Marseille avec Arnaud. L'affaire doit être enlevée.
Dis-toi tout ce que je ne te dis pas, et de toutes façons donne-moi une réponse. Nous réglerions les détails ensemble.
Mes compliments à ta famille.
Ton dévoué.
ÉMILE ZOLA.