XXI.
Les premiers de ces livres sacrés se retrouvent dans l'Inde; on ne peut assigner de date à ces livres, tant la date en est reculée. Ce sont les Védas.
Les Védas sont un recueil d'hymnes consacrés aux divinités symboliques de ce temps primitif; ces hymnes célèbrent les attributs personnifiés du Dieu unique et créateur que les sages adoraient derrière ces incarnations, et que le peuple adorait dans ces incarnations.
«Les Védas, dit M. Barthélemy Saint-Hilaire, sont, chez le peuple indien lui-même, le fondement, le point de départ d'une littérature qui est plus riche, plus étendue, si ce n'est aussi belle que la littérature grecque.»
Quant à nous, nous la trouvons mille fois plus belle; car cette littérature est plus morale, plus sainte et pour ainsi dire plus divinisée par la charité qu'elle respire: c'est la littérature de la sainteté; celle des Grecs n'est que la littérature des passions.
«Poëmes épiques, continue le savant traducteur, systèmes de philosophes, théâtres, mathématiques, grammaire, droit, le génie indien a tenté toutes les grandes directions de l'intelligence. De son propre aveu, ce sont les Védas qui ont inspiré cette littérature.»
Les Védas sont des chants pareils à ceux des prophètes et de David dans la Bible; avec cette différence que les chants bibliques ne sont que des cris lyriques d'enthousiasme, d'adoration, de crainte ou d'amour à Jéhovah, tandis que les hymnes des Védas indiens sont en même temps des dogmes religieux. La poésie lyrique des prophètes hébreux est mille fois plus sublime d'expression, les hymnes des Védas ont plus d'enseignement de morale et de vertu dans leurs strophes. Il y a cependant de magnifiques percées d'imagination sur la création, et sur le chaos qui couvait le monde avant sa naissance.