II - III
L'aigle seul, assez fort pour lutter avec l'onde, Se précipite en bas du sommet du rocher; Il se rit de ta peur, il te brave, il te sonde, Il remonte, il descend comme un hardi nocher. Son aile intrépide Bat le roc humide, Se renverse, et ride Ton flot, qui s'enfuit; L'abîme répète Le cri qu'il te jette; Son duvet reflète L'éclair de son soleil, qu'il porte dans ta nuit!
As-tu donc vu là-haut ton Dieu dans le nuage, Torrent épouvanté, pour te sauver ainsi? Du Jéhovah des eaux as-tu vu le visage? Du froid de ses frissons es-tu resté transi? Fuis! c'est ton maître et ton juge; Fuis! c'est le Dieu sans refuge Qui sécha l'eau du déluge, Qui refoula le Jourdain; Qui, pour ouvrir une route À son peuple ingrat qui doute, Prit la mer, et la tint toute Un jour au creux de sa main!