‹ Cours familier de Littérature - Volume 05Chapitre 94 sur 138 · XXII

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Mais pour sortir du style figuré, qu'était-ce en réalité que cette harpe dont les poëtes hébreux, et surtout David, accompagnait ses chants?

Il paraît, d'après l'Écriture, que David, tout à la fois musicien et poëte, avait deux instruments, l'un pour la _mélodie_, l'autre pour l'_accompagnement_ de ses vers. L'Écriture, en effet, nous parle d'abord d'un petit berger, fils d'un nommé Isaï, de Bethléem, que les officiers de la tente de Saül ont entendu jouer délicieusement de la flûte sur la colline en gardant les brebis de son père. C'est pour cela qu'on songe à lui et qu'on le fait venir la première fois au camp, afin d'amuser et de calmer la maladie mentale du roi.

Mais, indépendamment de ce talent de joueur de flûte, quand l'âge eut développé le génie poétique et la valeur héroïque du jeune berger, il paraît, par le langage subséquent de l'Écriture, que David, comme les autres prophètes de la Judée ou de l'Arabie, rejeta la flûte et prit la harpe, instrument plus viril, aux cordes graves, qui inspirait ou accompagnait toujours les vers en ces temps-là. Cette harpe hébraïque était sans doute un instrument à deux ou trois cordes, semblable à celui que les Grecs appelaient _lyre_, et dont Achille s'accompagne pour pleurer Briséis sous sa tente ou au bord des flots de la mer, au ravissement de son ami Patrocle.