‹ Cours familier de Littérature - Volume 06Chapitre 174 sur 180 · XXX

XXX

«J'ai été frappé en entrant en Italie, écrivait à cette époque Léopold Robert à un des confidents de son âme, de la beauté de ces figures italiennes, des moeurs antiques, des costumes pittoresques et sauvages de ces montagnards du Midi. Je pense les reproduire avec ce caractère de simplicité et de noblesse naturelle de ce peuple, caractère transmis par ses aïeux. Ce que j'ai fait jusqu'à présent ne me satisfait pas encore; j'espère réussir mieux; cependant mes tableaux, quels que soient les sujets, sont déjà très-recherchés à Rome. Mon état me coûte beaucoup; je suis forcé d'avoir toujours des modèles pour mes tableaux, car je suis résolu de ne pas faire un seul trait sans ce secours, qui ne peut jamais tromper... Je fais aussi des excursions dans les montagnes les plus sauvages, et j'y trouve des sujets et des modèles tout nouveaux pour ce nouveau genre de peinture.»

«Cependant, ajoute-t-il dans la lettre suivante en parlant de son tableau de _Corinne_, ce tableau commence à me peser; j'ai peur de m'être fourvoyé en acceptant de le composer; j'ai choisi un sujet trop difficile à rendre, et d'ailleurs je m'aperçois qu'une _Corinne_ est trop relevée pour moi, qui n'ai jamais fait que des contadines (des paysannes).»

«Cette figure de Corinne est ingrate à faire, poursuit-il quelque temps après; on ne sait quel caractère lui donner, ni quel costume.»