‹ Cours familier de Littérature - Volume 06Chapitre 74 sur 180 · IX

IX

Mais le véritable _Te Deum_ de David, que les commentateurs ont placé sous le nombre 18 de ses chants lyriques, est celui qu'il écrivit et chanta après les victoires qui lui donnèrent le trône. Le désordre des vers atteste le désordre de son enthousiasme. La strophe est brève comme le cri presque inarticulé. Écoutez ces quelques éjaculations brûlantes où le traducteur hébreu a concentré le feu du cantique dans sa langue:

«Je disais: Je t'aime! Dieu! toi, ma force!

«Toi, mon rocher, ma forteresse!

«Toi, mon Dieu! mon rocher, ma forteresse!

«Je m'abrite en toi!

«De son palais il entendit ma voix.

«Mes cris entrèrent dans ses oreilles. La terre convulsive trembla, les fondements des montagnes chancelèrent, parce qu'il s'irrite, mon Dieu, contre mes ennemis.

«Une fumée sortit de ses narines,

«La flamme de sa bouche.

«Elle aurait allumé des charbons!

«Il fit descendre les cieux sous lui et descendit sur un océan de ténèbres.

«Monté sur un _Chérubin_, il prit son vol.

«Il plana sur les ailes du vent;

«Il replia dans l'obscurité sa demeure, sa tente des nuées autour de lui.

«Partout des vagues profondes, d'épaisses nuées!...

«Par le seul souffle de ses narines.

«Les fondements de la terre furent dénudés!»