‹ Cours familier de Littérature - Volume 06Chapitre 81 sur 180 · XVI

XVI

Il chante ailleurs un chant de reconnaissance pour les laboureurs et pour les pasteurs:

«Tu couves la terre et tu la fécondes! La rivière se remplit d'eau jusqu'aux bords; tu leur sèmes le blé, tu arroses le sillon, tu l'amollis, tu lui commandes de végéter, tu couronnes l'année de tes dons, et dans tous les sentiers s'épanche l'abondance. Les plaines du désert en débordent, les collines sont enceintes de joie, les prés sont couverts d'agneaux, les vallées vêtues de moissons; on est dans la joie et on chante!

«Lorsque vous vous reposez entre les rigoles de vos champs, les ailes de la colombe vous semblent revêtues d'argent et ses plumes d'un or jaune!»

Théocrite est égalé par ces images; mais dans Théocrite l'imagination seule est satisfaite. Ici c'est l'âme qui fait remonter toutes ces délices de la création à leur auteur, et qui de sa volupté fait un holocauste.

Où est Pindare, où est Horace, quand on a goûté la saveur sévère d'une pareille poésie?