‹ Cours familier de Littérature - Volume 07Chapitre 65 sur 182 · XXIII

XXIII

Ici le lieu de la scène est changé; la nuit s'est écoulée.

C'est l'heure où le peuple, vieillards, ouvriers, femmes, soldats, jeunes filles, sortent en foule de la porte de la ville pour se répandre en repos, en liberté et en joie, dans la campagne. Les entretiens entrecoupés de tous ces groupes qui passent sont une parfaite imitation des moeurs du peuple; c'est le choeur dans les tragédies antiques. Ces conversations tiennent au sujet, comme on le verra plus tard, par le tableau de la candeur des jeunes filles de la bourgeoisie qui tremblent d'être séduites ou compromises aux yeux de la petite ville si elles se laissent approcher par la mauvaise compagnie. On pressent les périls, les malheurs et la honte de Marguerite, sans doute confondue dans ces groupes timides et charmants. Ce tableau repose les yeux par le contraste de la douce ignorance du peuple, qui ne souffre que du travail, avec les philosophes, qui souffrent de la pensée.