‹ Cours familier de Littérature - Volume 07Chapitre 7 sur 182 · VIII

VIII

Après avoir suivi longtemps à tâtons le sentier ténébreux qui mène à l'abbaye, nos guides arrêtèrent nos chevaux; ils sonnèrent aux grilles pour demander l'hospitalité habituelle aux pèlerins et aux voyageurs. On leur répondit rudement des fenêtres que l'heure était indue, qu'on n'ouvrait plus à de nouveaux hôtes, et que d'ailleurs le monastère était plein de visiteurs arrivés avant nous. Les guides eurent beau répliquer qu'ils conduisaient le ministre de France et sa famille, que nous avions des lettres du tout-puissant ministre d'État _Fossombroni_, qui nous recommandait au prieur, les fenêtres se refermèrent, les lueurs des flambeaux s'éteignirent dans le monastère, et il nous fallut reprendre, pour trouver un abri, le sentier par lequel nous étions venus.