‹ Cours familier de Littérature - Volume 07Chapitre 75 sur 182 · XXXIV

XXXIV

La toile tombe sur l'éblouissement et l'hésitation de la pauvre enfant. La toile se relève sur Faust et Méphistophélès qui causent ensemble.

--«Pensez donc, dit Méphistophélès avec humeur; la parure que je m'étais procurée pour _Gretchen_, un prêtre l'a escamotée.» La mère vient à découvrir la chose; aussitôt un frisson la prend, la pauvre femme. Elle a toujours son front plongé dans son livre de prières; elle flaire un à un tous les meubles pour s'assurer si l'objet est saint ou profane; elle sentit donc clairement que l'objet n'apportait pas grande bénédiction dans sa maison. «Mon enfant, s'écria-t-elle, bien mal acquis pèse sur l'âme et brûle le sang. Consacrons ceci à la Mère de Dieu, et la manne du ciel descendra sur nous.» La petite Marguerite fit un peu la moue. «Il ne peut être impie, dit-elle, celui qui a si galamment apporté cette cassette ici.» La mère fait venir un prêtre: il leur promet toutes les joies du paradis et les laisse tout édifiées.--«Et Gretchen? demande Faust.--«Elle est maintenant inquiète, agitée, ne sait ni ce qu'elle veut ni ce qu'elle doit, rêve nuit et jour aux bijoux, et bien plus à celui qui les a apportés!»--Faust supplie Méphistophélès de lui procurer un autre écrin plus riche pour remplacer celui que la mère de Gretchen a enlevé à sa bien-aimée.