‹ Cours familier de Littérature - Volume 08Chapitre 71 sur 143 · VII

VII

Le style, dans cette anecdote familière et dans cette réflexion philosophique, n'est pas à la hauteur de l'événement; mais la réflexion est si sensée qu'on oublie l'insuffisance du style. La Révolution, en effet, rebroussant sa route de Paris à Berlin, semblait venir remonter à Berlin à une de ses sources; mais ce prétendu reflux de la Révolution sur Berlin n'était qu'une illusion; un esprit aussi net que celui de M. Thiers, quand il est désintéressé, devait le comprendre. Ce n'était pas la Révolution qui entrait avec les armées françaises à Potsdam, c'était la contre-révolution. Napoléon n'était pas le soldat de la Révolution, il en était la réaction personnifiée dans un grand soldat; entre la Révolution et lui il y avait la différence du sabre à l'idée, mais c'est la faiblesse de situation ou de jugement de M. Thiers de confondre toujours le missionnaire armé du despotisme avec le missionnaire de la liberté. Cela peut être un ingénieux paradoxe au service de ceux qui veulent glorifier à la fois la France sous deux formes: la force et l'idée; mais cela ne sera jamais une vérité historique. Il ne faut pas laisser ce sophisme à nos neveux.