‹ Cours familier de Littérature - Volume 09Chapitre 149 sur 194 · XXIII

XXIII

André Doria vieillissait dans sa gloire, et ne sortait plus de son palais, où il était retenu par ses infirmités; il avait remis le commandement actif de ses galères à son neveu Gianettino Doria. Fieschi, ennemi des Doria, qui avaient écarté du pouvoir la turbulence populaire et la tyrannie oligarchique, conspirait dans Gênes contre les Doria. Il sort de son palais au milieu de la nuit avec les conjurés, pour attaquer à la fois le palais des Doria hors la ville, et pour s'emparer des galères dans le port: Gianettino Doria, accourant au port pour défendre les galères, est tué à la porte de la ville. André Doria s'enfuit dans la campagne pour y rassembler ses partisans; la flotte était déjà surprise, et Fieschi posait le pied sur une planche pour passer sur la galère de l'amiral, quand il glissa dans la mer et s'y noya sous le poids de son armure.

Ses complices, déconcertés par la disparition du chef, qui portait seul le plan de la conjuration dans sa tête, abandonnent l'entreprise, et offrent de remettre les galères et les ports au seul prix d'une amnistie.

André Doria rentra, précédé de la terreur de son nom; sa vengeance implacable, qui ne se ralentit qu'à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, consterna Gênes et assombrit son nom. L'Espagne, après lui, continua à prévaloir dans les conseils de la république.