‹ Cours familier de Littérature - Volume 09Chapitre 165 sur 194 · XXXIX

XXXIX

On sait comment Charles-Albert, sans tenir aucun compte de ces conseils, lança les Piémontais en Lombardie, fut mal reçu et plus mal secondé par les Lombards, combattit en intrépide soldat, fut vaincu, n'osa reparaître à Turin sous le coup de sa témérité et de sa déroute, abdiqua le trône, s'éloigna sous un nom d'emprunt de l'Italie, et alla mourir de sa déception et de sa douleur en Portugal. Infidèle à tous les partis et à lui-même, ce prince ne fut un héros que sur le champ de bataille. Son malheur patriotique lui fut imputé à vertu par le parti de l'ambition piémontaise et de l'unité monarchique en Italie. Son nom repose défendu par sa mort, mort trouvée à la poursuite de ce rêve obstiné de la maison de Savoie; coupable ou non, il est beau de mourir, même de douleur, pour sa patrie!