‹ Cours familier de Littérature - Volume 09Chapitre 191 sur 194 · XXVI

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Telle fut, sans doute, la pensée du traité sur le champ de bataille de Villafranca! Cette pensée était tronquée, mais française et italienne; démentie le lendemain par le Piémont, torturée et violentée par l'immixtion funeste de l'Angleterre, cette pensée a sombré dans les négociations. Le Piémont a forcé la main à la nature; Turin et Londres retournent aujourd'hui, contre la pensée de la France, le sang de la France versé en Italie. Mais la pensée du Piémont est courte; la pensée de l'Angleterre mériterait de porter un nom plus pervers; les souvenirs immortels de chaque glorieuse nationalité de l'Italie se soulèveront contre ces annexions qui les confisquent; ces nationalités ne consentiront pas longtemps à perdre leurs noms, leur histoire, leurs monuments dans le nom et dans les camps de Turin. Le Piémont aura sa grande et honorable place qu'il a achetée de son sang dans l'Italie subalpine, mais il ne prendra pas la place de l'Italie tout entière. Le coup de tête d'un cabinet sauvé par la France et égaré par l'Angleterre ne prévaudra pas contre le coup d'État des peuples revendiquant leurs noms, leurs personnalités, leurs capitales, leur gloire dans la famille italique. L'Italie reviendra à sa forme italienne, LA CONFÉDÉRATION. Elle n'aura pour maître que le génie italien, elle n'aura pour gouvernement général qu'une diète d'États libres, où le droit de chacun, confondu dans le droit de tous, défiera l'Europe, mieux par le respect que par les armes, d'attenter à tant d'inviolabilités à la fois.