III
Les bibliothèques de ces actes de la littérature diplomatique sont les archives de nos ministères des affaires étrangères. Ces archives recueillent ces actes comme les titres des nations; là sont enregistrés leurs droits et leurs limites. C'est dans les congrès, tribunaux suprêmes de la société internationale, que sont débattus, rejetés ou admis ces titres. Ils font la loi des nations entre elles tant qu'un grand criminel d'État ne vient pas les déchirer à la face de Dieu et des hommes. Pendant cet interrègne de la violence et de la conquête, le droit se tait, la fortune seule juge, le monde légal cesse d'exister pendant une période d'attentats heureux ou malheureux; puis les armes tombent, par lassitude, des mains de l'Europe. La diplomatie arrive, envisage ces débris, examine tous les droits, même ceux de la conquête, sanctionne, compense, indemnise, refait la carte légale du monde et rend la paix aux peuples.
Puis vient en dernier lieu l'histoire, l'histoire, qui, telle que celle _du Consulat et de l'Empire_, de M. Thiers, par exemple, compulse toutes les négociations et tous les actes de ces diplomaties diverses, et les étale sous les yeux des siècles pour l'instruction des diplomates présents et futurs, de façon que chaque nation reconnaisse sa pensée, bonne ou mauvaise, dans les actes de son gouvernement, et qu'un nouveau droit public devienne la loi pacifique des nations.
C'est cette conclusion des grandes crises perturbatrices du genre humain qui devient la géographie légale du globe, en d'autres termes, le _droit public_, la légitimité des nations.