‹ Cours familier de Littérature - Volume 10Chapitre 84 sur 158 · VI

VI

Cette étude, souverainement intéressante et souverainement morale, serait une admirable histoire de l'Europe par sa diplomatie, si je pouvais, sans fatiguer l'attention du lecteur, la faire remonter jusqu'aux premières transactions diplomatiques connues entre les grands cabinets et les grands ministres de l'Europe; ce serait un livre, vous ne me permettez qu'un entretien. Je m'abstiens donc à regret de ces développements dans le passé; je ne sortirai pas de notre siècle. La diplomatie du vieux monde a fini son ère le jour où la révolution française a commencé la sienne. L'ancienne diplomatie était entièrement dynastique; elle se résumait dans les intérêts, l'ambition, la grandeur des familles royales occupant les trônes; elle se composait des rivalités entre ces maisons royales; des mariages, des hérédités, des _pactes de famille_, nouaient ou dénouaient cette diplomatie. En 1789, tout change, tout s'élargit à la proportion des intérêts des nations, prenant la place des intérêts individuels. La diplomatie féodale, matérielle ou domestique disparaît: la diplomatie intellectuelle commence.