‹ Cours familier de Littérature - Volume 11Chapitre 52 sur 176 · XXIII

XXIII

Catilina, frappé d'effroi par la parole de Cicéron, s'enfuit jusqu'en Toscane.

Cicéron prend sur lui d'achever le coup d'État contre la démagogie en immolant les complices de Catilina.

Se croyant sûr de l'appui de Pompée, il poursuit les démagogues jusque dans la personne de Clodius.

Clodius était ami du jeune César.

César, patricien corrompu, cherchait un appui dans la plèbe romaine; il commençait la tyrannie, comme elle commence toujours, par la licence; il soutenait, à ce titre, Clodius; il affectait de l'intérêt pour Catilina.

Clodius ameutait le peuple contre Cicéron.

Pompée s'isolait majestueusement à la campagne.

Cicéron, poursuivi et menacé jusque dans sa maison par les sicaires de Clodius, invoquait en vain le peuple, qu'il avait sauvé: le peuple l'abandonnait lâchement à ses ennemis. Les consuls, intimidés, fermaient les yeux pour ne pas voir ce qu'ils n'avaient pas la force de punir. Cicéron fut obligé de s'exiler. Un _plébiscite_ rédigé par Clodius lui interdit le sol romain jusqu'à une distance de cinq cents milles.

Le sauveur de Rome chercha asile en Grèce: c'était la patrie de son âme.

Pendant qu'il débarquait au Pirée, port d'Athènes, Clodius, suivi d'une bande de populace, incendiait sa maison à Rome, ravageait ses maisons de campagne et faisait vendre à l'encan jusqu'à ses livres. Mais le respect pour Cicéron et la répugnance à s'enrichir de ses dépouilles étaient tels que les livres et les jardins restèrent sans acheteurs.