IX
Ces deux grands intérêts vitaux, résister au débordement russe en Occident et en Orient, et résister à l'unité allemande bien plus encore qu'à l'unité italienne, sont donc deux intérêts communs, identiques à l'Autriche et à la France. L'alliance sur ces deux points entre la France et l'Autriche est donc, non pas possible, mais imposée. Supposez un moment par la pensée que l'Autriche se soit évanouie dans la nuit, que les Russes soient sur le Rhin, que la Prusse ait absorbé tous les membres de la confédération allemande, que l'unité de l'Allemagne fasse le pendant de l'unité italienne, et demandez-vous ce qu'il en serait de la France à son réveil!--Partisans dénaturés de ces unités antifrançaises, savez-vous ce que vous aurez? L'UNITÉ RUSSE!--Voilà ce qu'à votre insu vous poursuivez! Ô Mirabeau! ô grande clairvoyance éteinte avant le temps, tu l'avais prévu, tu l'avais dit! Mais alors la France n'avait pas le vertige des unités, qui sont sa perte, contre les fédérations et contre les équilibres, qui font son salut!