‹ Cours familier de Littérature - Volume 12Chapitre 161 sur 183 · L'HISTOIRE DES GIRONDINS. - I

L'HISTOIRE DES GIRONDINS. - I

(TROISIÈME PARTIE.)

Encore une fois, c'est là une faute de conception et presque de moralité dans l'_Histoire des Girondins_. J'en demande pardon comme artiste, mais certes pas comme homme politique. La fidélité du portrait n'est pas la complicité du peintre.

Quand, dans le moyen âge de Rome papale, la belle et infortunée Cinci devint complice de la mort d'un tyran féodal, féroce et incestueux, qui était son père, et quand la juste inflexibilité du pape refusa la grâce d'une coupable, grâce que toute l'Italie demandait à cause de la fatalité, de l'innocence et de la beauté de la victime, un peintre illustre saisit son pinceau et retraça, pendant qu'elle marchait à l'échafaud, la figure angélique et la pâleur livide de la _Cinci_; ce portrait rendit à la condamnée une vie immortelle. Qui jamais accusa le peintre du parricide de son modèle?