‹ Cours familier de Littérature - Volume 12Chapitre 34 sur 183 · XVI

XVI

On se perd quand on analyse ce sublime discours d'empire dans les profondeurs de raison, de pénétration, de prévoyance, de connaissance du coeur humain et de l'opinion des différentes classes du peuple qu'il révèle chez le vieux Galba.

Quel autre homme qu'un homme rompu aux affaires publiques, un témoin des écroulements de Rome, un publiciste, un moraliste, un orateur, un vieillard, pouvait le penser et pouvait l'écrire?

Ôtez une seule de ces conditions d'âge, d'expérience, de pratique des comices et des cours, d'étude des lettres antiques, d'élévation au-dessus des partialités des temps, de puissance de tout comprendre, même la vertu, et ce discours n'existerait pas.

C'est le résumé d'une longue vie publique dans une haute intelligence touchant aux limites de la vie, et jugeant le passé, le présent, l'avenir, avec le calme du soir et le sublime désintéressement du lendemain.

Mais poursuivons l'étude, et, après avoir vu le sage et le politique, voyons le peintre.